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Le Liban, nouvelle terre de départ pour les migrants

Le drapeau libanais flotte sur le site dévasté par la double explosion sur le port de Beyrouth (image d'illustration).
Le drapeau libanais flotte sur le site dévasté par la double explosion sur le port de Beyrouth (image d'illustration). REUTERS/Hannah McKay
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Depuis octobre dernier, le Liban est confronté à la pire crise économique et financière de son histoire. La situation s’est considérablement aggravée depuis la double explosion au port de Beyrouth, le 4 août, qui a fait 192 morts, plus de 6 500 blessés, et détruit une partie de la capitale. Face à la situation, de plus en plus de Libanais se tournent vers l'immigration.

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De notre correspondant à Beyrouth,

Un phénomène nouveau est aujourd'hui enregistré au Liban : la multiplication des tentatives de traversée de la mer vers l’île de Chypre, située à 160 kilomètres des côtes libanaises. Depuis début septembre, au moins cinq bateaux transportant quelque 200 migrants souhaitant se rendre à Chypre ont été repérés. L’une des embarcations a été interceptée par une patrouille de la marine libanaise qui l’a reconduit avec ses occupants vers la région de Tripoli, dans le nord du pays, d’où elle était partie. Une autre a été secourue par des bâtiments de la force navale de la Finul qui croise aux larges des côtes libanaises conformément à un mandat des Nations unies. Une personne à bord était déjà décédée. Un troisième bateau a été refoulé par les garde-côtes chypriotes D’autres ont réussi à accoster sur l’île, qui fait partie de l’Union européenne. Cette fréquence dans les tentatives de traversée vers Chypre est inédite.

Des migrants libanais pour la plupart

La majorité de ces migrants sont des Libanais qui ont perdu tout espoir de voir des jours meilleurs dans leur pays, frappé par des crises multiples et des drames en série. Mais il y a aussi des Syriens et des Palestiniens. Il y a au Liban plusieurs millions de migrants potentiels. Le pays du cèdre accueille sur son sol un million et demi de Syriens, dont un million de réfugiés, et 300 000 réfugiés palestiniens, qui vivent dans des conditions difficiles, aggravées par les crises actuelles. Il faut y ajouter des centaines de milliers de Libanais qui ne rêvent plus que de partir. Ceux qui en ont les moyens sont déjà partis ou s’apprêtent à le faire par des moyens légaux. Les plus démunis, on l’a vu, n’hésitent pas à emprunter des voies illégales.

Une augmentation exponentielle des tentatives de traversée

Une délégation chypriote est attendue à Beyrouth dans les jours qui viennent pour tenter de « gérer le phénomène de manière efficace », selon les propos du ministre chypriote de l'Intérieur. Les deux pays ont un accord de « renvoi » des migrants pour décourager les tentatives de traversée.

Mais cela sera sans doute insuffisant pour enrayer ce phénomène. Des sources sécuritaires et humanitaires à Beyrouth s’attendent à une augmentation exponentielle des tentatives de traversée dans les mois à venir si la situation continue de se dégrader sur tous les plans au Liban.

►À lire aussi : Le Liban, un pays à genoux

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