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Reportage

L'explosion de Beyrouth a laissé des traces sur la santé mentale des habitants

Des infirmières de l'hôpital Saint-Georges de Beyrouth nettoient une chambre endommagée par le souffle de l'explosion du 4 août.
Des infirmières de l'hôpital Saint-Georges de Beyrouth nettoient une chambre endommagée par le souffle de l'explosion du 4 août. PATRICK BAZ / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le 4 août, une double explosion ravageait Beyrouth. Selon les derniers décomptes, le drame aurait fait plus de 5 000 blessés, mais ce chiffre n’inclut que les blessés physiques. Aucun rapport n’a pour l’instant recensé les victimes psychologiques de l’explosion. Angoisses, dépressions et stress post-traumatiques... Les psychiatres libanais alertent sur les différentes pathologies à laquelle des milliers de Beyrouthins font face depuis la catastrophe.

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Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède

C’est une immense tente blanche plantée face à l’hôpital Saint-Georges. Un hôpital de fortune, installé dans l’urgence juste après par l’explosion du 4 août, qui a partiellement détruit le bâtiment.

Après avoir demandé l’accord d’un patient, une psychiatre nous autorise à assister à une consultation aux urgences psychiatriques. Comme la plupart des Beyrouthins qui fréquentent le centre ces dernières semaines, il souffre de troubles psychiatriques depuis l’explosion.

« Mon problème, c’est surtout le bruit. J’entends des bruits, même si ça s’améliore un peu, explique-t-il. Ce ne sont pas des voix, ce sont des bruits qui me perturbent ».

Des traumatismes ravivés par l'explosion

« Quand vous entendez un objet se casser, ou le bruit d’un pot d’échappement, cela vous fait peur ? », le questionne la psychiatre, Léa Aoudé. « Ça va un peu mieux qu’avant, mais oui, toujours, lui répond son patient. Vous savez, dans mon quartier, tout a été détruit. Nous étions sous une pluie de verre. Il y avait du sang partout. On a failli y passer. »

Chaque jour, le docteur Aoudé reçoit des dizaines de victimes de l’explosion du 4 août. Mais dans ce pays marqué par la guerre, le drame ravive aussi les traumatismes du passé. « J’ai eu un cas très intéressant aujourd’hui. Une femme de 75 ans, à qui personne n’a jamais diagnostiqué de pathologie psychiatrique… Mais depuis l’explosion du port, elle revit la guerre civile libanaise à travers des retours en arrière et des cauchemars », explique-t-elle.

Angoisses, dépressions et stress post-traumatiques... Pour cette psychiatre, qui a elle-même perdu sa maison dans l’explosion, le drame du 4 août aura des conséquences durables sur la santé mentale des Libanais. 

À écouter : Explosion au Liban: un traumatisme qui va bien au-delà du bilan humain

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