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Le coronavirus se propage dans les prisons libanaises

Des proches de détenus de la prison de Roumié manifestent devant le ministère de la Justice à Beyrouth le 14 septembre 2020.
Des proches de détenus de la prison de Roumié manifestent devant le ministère de la Justice à Beyrouth le 14 septembre 2020. ANWAR AMRO / AFP
4 mn

Après avoir réussi à contenir la progression du Covid-19, le Liban est désormais frappé de plein fouet par la pandémie. La propagation du virus s’est accélérée à une vitesse exponentielle après les grands rassemblements, les manifestations et les funérailles qui ont suivi la double explosion au port de Beyrouth, le 4 août. Aujourd’hui, le pays compte plus de 37 000 contaminations et 351 décès pour une population de 5 millions d’habitants. 

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Avec notre correspondant à Beyrouth,

Des centaines de contaminations ont été enregistrées dans les prisons du Liban où la situation semble dramatique. Près de 10% des 4 000 détenus du centre carcéral de Roumié, au nord-est de Beyrouth, ont été testés positifs. Des dizaines de gardiens et de membres des forces de l’ordre sont également contaminés. La situation est grave car cette prison accueille trois fois plus de détenus que sa capacité initiale. 

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent de cellules bondées, des détenus allongés à même le sol sur des matelas, sans le moindre respect de la distanciation et des gestes barrières. Dans la prison de la ville de Zahlé, dans la plaine orientale de la Békaa, presque la moitié des 550 détenus ont été testés positifs. La situation n’est guère meilleure dans les autres centres carcéraux du pays.

L'alerte de l'Ordre des médecins

Les autorités ont d’abord tenté de minimiser l’ampleur du problème. Il a fallu que le président de l’Ordre des médecins et le bâtonnier du barreau de Beyrouth alertent l’opinion publique pour que des mesures commencent à être prises. Le président de l’Ordre des avocats a parlé de « bombe humanitaire ».

Des centaines de tests de dépistage du virus ont été menés à Roumié et dans d’autres établissements pour tenter de définir l’ampleur du problème. Les détenus atteints sont isolés et mis en quarantaine dans des bâtiments spécialement aménagés dans les prisons ; trois hôpitaux spécifiquement dédiés aux détenus ont été préparés à Beyrouth et dans la Bekaa. L’administration pénitentiaire a par ailleurs facilité les contacts téléphoniques entre les prisonniers et leurs familles.

Des détenus pas très coopératifs

Mais de l’aveu même du président de l’Ordre des médecins, les détenus ne se montrent pas très coopératifs et ne respectent pas les normes sanitaires urgentes. Les détenus exigent un règlement radical du problème de la surpopulation des prisons. Leurs familles ont organisé plusieurs sit-in pour appuyer cette revendication et demander une amnistie.

Des milliers de prisonniers attendent leur procès depuis des années, mais les tribunaux sont débordés et les juges pas assez nombreux. Le bâtonnier de Beyrouth Melhem Khalaf a réclamé l’accélération des procédures judiciaires, mais pour le moment, la priorité va au renforcement des mesures sanitaires.

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