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«Séparatisme»: en Égypte, Al-Azhar qualifie de «racistes» les propos de Macron

(illustration) Prière à la mosquée Al-Azhar, au Caire le 28 août 2020.
(illustration) Prière à la mosquée Al-Azhar, au Caire le 28 août 2020. Mohamed el-Shahed / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La plus haute autorité morale de l’islam sunnite, l’institution d’Al-Azhar, a condamné le discours du président français Emmanuel Macron sur le « séparatisme islamiste » et l’a notamment qualifié de « raciste ». Une réaction rarissime à l’égard d’un chef d’État étranger et notamment français de la part de la Mosquée-Université égyptienne.

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Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

C’est le Centre d’études islamiques d’Al-Azhar qui s’en est pris au discours du président français, le qualifiant de « raciste », de nature à « enflammer les sentiments de deux milliards de musulmans » et de « saboter » tous les efforts pour prôner la tolérance.

Les expressions « séparatisme islamiste » et « terrorisme islamiste » ont notamment été rejetées par Al-Azhar. Le mot « islamiste » n’existe pas en arabe et donne, à la traduction, « séparatisme et terrorisme islamique ».

Mais la phrase qui a choqué Al-Azhar ainsi que d’autres institutions islamiques est c’est celle où Emmanuel Macron dit que « l’islam est une religion qui vit une crise aujourd’hui partout dans le monde ». De quoi faire du président français « l’ennemi déclaré de l’islam » sur les réseaux sociaux, non seulement de la part des milieux islamistes mais aussi des conservateurs.

Le Centre appelle également à « cesser les attaques contre les religions » afin de ne pas consolider « le discours de la haine ».

Projet de loi présenté en France le 9 décembre

Emmanuel Macron a présenté ce vendredi 3 octobre son plan d'action contre le « séparatisme islamiste » et son projet de « contre-société » à l’œuvre selon lui en France où la laïcité constitue une valeur cardinale et où l'islam est la deuxième religion.

Le « séparatisme islamiste » en France, a relevé le président français, conduit à la « déscolarisation des enfants » et au « développement de pratiques sportives et culturelles » communautaristes, à « l'endoctrinement, [à] la négation de nos principes comme l'égalité homme/femme ».

Ce discours, attendu et plusieurs fois repoussé, est intervenu dans un contexte sensible en France, après l'attentat au hachoir mené une semaine plus tôt à Paris par un jeune Pakistanais et pendant le procès de l'attaque du magazine satirique Charlie Hebdo, dont la rédaction a été décimée en 2015 par un attentat jihadiste.

Le projet de loi contre les séparatismes doit être présenté le 9 décembre, avant d'être débattu en 2021 au Parlement.

À lire aussi : Esther Benbassa: «Le mot "séparatisme" est gênant»

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