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Liban: une conférence d'aide humanitaire présidée par Paris pour tenter de sauver l'économie

Les puissances occidentales vont tenter de sauver l'économie libanaise qui s'enfonce dans la crise.
Les puissances occidentales vont tenter de sauver l'économie libanaise qui s'enfonce dans la crise. REUTERS - Hannah Mckay
Texte par : RFI Suivre
8 mn

Une conférence d'aide humanitaire pour le Liban est organisée ce mercredi 2 décembre en fin de journée. La réunion prend la forme d'une visioconférence pour cause de Covid-19. C'est une initiative de la France en lien avec les Nations unies. Il s'agit de mobiliser des fonds pour un pays qui traverse une crise économique sans précédent.

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Avec notre correspondant à BeyrouthPaul Khalifeh

Trente-huit chefs d’État ou de gouvernement, des ministres, des directeurs d’institutions financières internationales et des responsables d’ONG participeront à cette deuxième conférence organisée ӑ l’initiative de la France depuis la catastrophe du 4 août.

Le but de cet événement est de parer au plus urgent : éviter un effondrement total de l’économie et de l’État et la disparition de tous les filets sociaux, déjà très insuffisants, alors que la Liban s’enfonce tous les jours davantage dans une crise complexe et multiforme/

La situation est d’autant plus grave que la Banque du Liban ne dispose plus que de 400 millions de dollars de réserve. Lorsque cette somme sera épuisée d’ici à deux mois, les prix des produits alimentaires de première nécessité, les médicaments et les carburants, actuellement subventionnés, exploseront. Ils ne seront plus à la portée d’une majorité écrasante des Libanais, qui seront alors confrontés à une crise humanitaire majeure.

La visioconférence de ce mercredi soir a donc un objectif essentiellement humanitaire et non pas structurel. Pour relancer la machine économique et remettre le pays sur le chemin de la croissance, des réformes profondes sont indispensables. Et elles ne peuvent être menées que par un gouvernement jouissant du soutien de la communauté internationale, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, comme l’a encore rappelé ce mercredi la présidence française dans une communiqué.

♦ À lire aussi : Crise au Liban: le Parlement prêt à lancer un audit des institutions


Reportage : La diaspora libanaise se mobilise

La situation alarmante a mobilisé la diaspora libanaise, fortement implantée à l’étranger, notamment en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire qui compte la plus importante communauté d’Afrique de l’ouest avec 80 000 Libanais. Reportage de notre correspondant à Abidjan, Sidy Yansané.

C’est justement cette douleur qui a poussé Hussein Abdel Kalek à s’investir dans la campagne d’aide au peuple du Liban. Ce comptable et écrivain ivoiro-libanais, très attaché à son pays d’origine, même s’il ne s’y rend que rarement, a déjà envoyé des vivres à sa famille et ses amis sur place, victimes de la situation économique alarmante…

Ecouter le reportage

► Le Liban s'enfonce dans la crise

Le Liban, déjà durement touché par la crise économique et politique, s’enfonce maintenant dans une dépression «  grave et délibérée » fustige la Banque mondiale, dans son rapport semestriel publié ce mardi. Son produit intérieur brut devrait se contracter de plus de 19% cette année et sa dette atteindre pas moins de 194% du Produit intérieur brut.

La Banque mondiale est on ne peut plus claire : « Un an après la grave crise économique au Liban, l'absence délibérée d'une action politique efficace de la part des autorités a soumis l'économie à une dépression ardue et prolongée. ». 

Selon l'institution, le pays est en hyperinflation, la valeur de sa monnaie s’est effondrée. Pour la première fois de son histoire cette année, il n’a pas pu rembourser une partie de sa dette. Il est aussi à la dérive, sans gouvernement depuis trois mois, après la démission du Premier ministre Hassan Diab. 

L’aide étrangère est bloquée. Le Liban avait entamé des négociations pour obtenir le soutien financier du Fonds monétaire international, mais elles sont à l’arrêt depuis juillet. 

De son côté, la communauté internationale, France en tête, a soumis son aide à des réformes urgentes qui n’ont toujours pas eu lieu. 

Dans ce contexte critique, les banques ont imposé des restrictions très strictes sur les retraits et transferts d'argent à l'étranger.

Le pays du cèdre est aussi durement éprouvé par la pandémie de coronavirus, les manifestations contre le gouvernement l’année dernière et l’explosion au port de Beyrouth le 4 août, la pire catastrophe en temps de paix. 

« Le Liban, déplore la Banque mondiale, souffre d'un épuisement dangereux de ses ressources, y compris de capital humain, avec une fuite des cerveaux qui devient une option de plus en plus désespérée. ». 

 

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