Explosions à Beyrouth: des manifestants réclament une action judiciaire transparente

Les manifestants demandent un nouveau système politique garantissant l’indépendance de la justice afin qu’une enquête sur l’explosion du 4 août soit menée de manière transparente.
Les manifestants demandent un nouveau système politique garantissant l’indépendance de la justice afin qu’une enquête sur l’explosion du 4 août soit menée de manière transparente. REUTERS/Mohamed Azakir

C’était il y a quatre mois à Beyrouth: une déflagration dans le port de la capitale libanaise détruisait une large partie de la ville, faisant 200 morts et plus de 6000 blessés. La troisième plus grosse explosion non nucléaire de l’histoire, causée par un stock de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium entreposé sans aucune précaution dans des hangars. Dans un pays déjà frappé par une crise économique violente et un mouvement de contestation contre les élites politiques, accusées de corruption, la catastrophe, due vraisemblablement à la négligence de nombreux responsables, a mis le feu aux poudres. Quatre mois plus tard, alors que l’enquête patine, la rue réclame des comptes.

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Avec notre correspondant à Beyrouth,  Noé Pignède

Quelques centaines de militants révolutionnaires, drapeaux en mains, défilent en direction du port de Beyrouth. Antoine est l’un d’entre eux. Il accuse la justice libanaise, en charge de l’enquête sur l’explosion du port, d’être aux ordres du pouvoir politique.

« Nous faisons pression sur le juge. Il a déjà interrogé beaucoup de ministres, mais qu’est-ce qu’il peut faire ? Il n’a aucun pouvoir, parce qu’au Liban, les juges sont nommés par les responsables politiques. Donc ils n’ont aucune indépendance. Nous avons peur qu’ils veuillent nous cacher la vérité. C’est notre principale inquiétude. »

►À écouter: Explosion au Liban: un traumatisme qui va bien au-delà du bilan humain

Garantir l'indépendance de la justice 

Un peu plus loin, Laura demande à ce que les hommes politiques libanais, qu’elle juge coupables de l’explosion du port, soient condamnés par un tribunal: « On connaît déjà la vérité, et on veut qu’elle soit dite ! Mais ils n’ont même pas le courage de le faire. Pourquoi avions-nous des produits aussi dangereux, dans le port, au milieu de la ville ? Pourquoi ont-ils ruiné tant de vies ? L’Hiver est là et des milliers de personnes n’ont plus de toit ! C’est inacceptable. Pourquoi feriez-vous ça à votre propre peuple ? »

Pour Laura, le gouvernement est totalement corrompu et c’est pour cela qu’il faut continuer à protester jusqu’à ce qu’il parte: « Nous sommes au Liban ! C’est notre pays, pas le leur ! »

Tous les manifestants ici demandent un nouveau système politique garantissant l’indépendance de la justice, la seule solution selon eux pour qu’une enquête sur l’explosion du 4 août soit menée de manière transparente.

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