Les Émirats arabes unis se préparent à la reprise des échanges commerciaux avec le Qatar

L'émir du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad al-Thani, signe l'accord de coopération, le 5 janvier 2021.
L'émir du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad al-Thani, signe l'accord de coopération, le 5 janvier 2021. Reuters
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les échanges commerciaux entre le Qatar et quatre pays arabes qui le boycottaient depuis plus de trois ans vont reprendre d'ici une semaine. L'accord signé le 5 janvier 2021 en Arabie saoudite a en effet a mis fin à la crise diplomatique du Golfe.

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Voyages, transport, commerce... les obstacles à ces échanges avec le Qatar seront levés d'ici une semaine, assure le ministre émirien des Affaires étrangères Anwar Gargash.

Après la réouverture des frontières annoncée par l'Arabie saoudite, le Qatar s'apprête donc à sortir de l'isolement auquel il a été brusquement confronté en 2017 lorsque le pays a dû inaugurer un nouveau terminal portuaire pour recevoir des importations qui transitaient jusque là par les Émirats arabes unis.

Le Qatar a aussi construit une ferme géante en plein désert, acheminant des vaches par avion pour bâtir son indépendance en produits laitiers. Mais c'est surtout en se tournant vers de nouveaux fournisseurs, turcs et iraniens, que Doha a surmonté le boycott imposé par ses voisins.

Les Émirats arabes unis semblent vouloir ouvrir un nouveau chapitre, alors qu'ils ont été à l'initiative du boycott du Qatar. Les deux monarchies ont des visions divergentes de la région. Les Émirats arabes unis s'opposent à toute forme d'islam politique, là où le Qatar entretient des liens anciens avec la mouvance des Frères musulmans.

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Une reprise accueillie avec soulagement

Au Qatar, la reprise des relations avec les pays voisins est accueillie avec soulagement, même si la réouverture devrait prendre du temps. Situé dans le quartier des affaires de la ville, au bord de la mer, l'hôtel Four Seasons de Doha est une destination d'affaires comme de loisirs. Jusqu'en 2017, il était assez prisé des Saoudiens et des Émiriens : les deux pays figuraient parmi les dix plus importants marchés de l'hôtel.

Avec le blocus, le Four Seasons a dû compenser, explique Mia Decour, directrice des relations publiques et de la communication : « Au début du blocus, nous avons modifié nos stratégies. Nous avons progressé sur les marchés émergents, la Russie et la Chine à l'époque. Donc, ce n'est pas une grande perte, mais nous avons perdu des marchés. »

Si la nouvelle stratégie commerciale a permis d'atténuer le choc du blocus, l'hôtel se réjouit tout de même de la perspective d'une reprise des échanges avec les pays voisins. Il a d'ailleurs anticipé l'annonce de cette reprise : « Il y a environ un mois, quand nous avons entendu dire qu'ils allaient avoir des discussions sur un allègement du blocus, nous avons commencé à réfléchir à un plan de marketting à destination des Saoudiens et Émiriens. Nous avons préparé une campagne de publicité sur internet et une campagne pour les réseaux sociaux afin d'attirer le marché saoudien à nouveau. »

Mais pour l'heure, il n'existe toujours pas de vol entre le Qatar et les pays voisins. Et en raison du coronavirus, les frontières de l'Émirat restent fermées aux non-résidents.

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