Au Liban-Nord, Tripoli, foyer de nouvelles violences

Tripoli, au Liban-Nord, plonge dans la violence, le 26 janvier 2021.
Tripoli, au Liban-Nord, plonge dans la violence, le 26 janvier 2021. REUTERS - OMAR IBRAHIM

Plus de 220 personnes ont été blessées dans la ville de Tripoli lors de violents affrontements qui ont opposé mercredi pour la troisième journée consécutive les forces de l’ordre à des manifestants qui protestaient contre la crise économique aggravée par les restrictions sanitaires. De hauts responsables politiques ont mis en garde contre une instrumentalisation de la situation économique difficile de la population.

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Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Une fois de plus, c’est à Tripoli, dans le nord du pays, que les affrontements les plus violents se sont produits. Des manifestants ont attaqué à coups de cocktails Molotov et de pierres le sérail, qui regroupe les administrations publiques.

Des jeunes en colère ont essayé de prendre d’assaut le bâtiment et ont incendié une guérite et des voitures de police.      

Les forces de l’ordre, soutenues par l’armée, ont riposté avec des canons à eau et des bombes lacrymogène. Des tirs nourris à balles réelles ont été entendus en soirée.   

Foyer de la contestation renouvelée, Tripoli est la deuxième ville du Liban. À majorité sunnite, elle est aussi la plus pauvre, donc la plus touchée par la crise économique qui frappe le pays depuis plus d’un an.

Mais pour les principales figures politiques sunnites du Liban, l’agitation à Tripoli n’est pas innocente. Le Premier ministre démissionnaire Hassane Diab a mis en garde mercredi contre une « tentative de détourner les demandes de la population à des fins politiques ». 

Même discours du côté de son successeur désigné Saad Hariri. Dans un message posté sur Twitter, il n’a pas exclu que certains « veuillent exploiter la souffrance des gens pour délivrer des messages politiques ».

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