La diplomatie du vaccin des Israéliens

Le marché Mahane Yehuda à Jérusalem, le 24 février 2021.
Le marché Mahane Yehuda à Jérusalem, le 24 février 2021. AFP - EMMANUEL DUNAND

L’État hébreu est exemplaire en matière de vaccination contre le Covid-19. La moitié de sa population a reçu au moins une injection. Et un tiers a déjà eu les deux piqûres nécessaires pour être immunisé contre le coronavirus. Fort de ce succès, les Israéliens utilisent le fameux sérum comme monnaie d’échange.   

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L’État hébreu devrait fournir près de 100 000 doses de vaccin anti-Covid-19 à une quinzaine de pays. Selon le bureau du Premier ministre, Benyamin Netanyahu, des États du monde entier ont sollicité Israël pour se fournir en vaccin et pour profiter de l’expertise israélienne en matière de vaccination. 

Gagner des soutiens sur la scène internationale

Vaccin contre reconnaissance de Jérusalem comme la capitale de l’État hébreu : cela va à l’encontre du consensus international. Ce sont les États-Unis de Donald Trump qui ont ouvert le bal, en décembre 2017, en reconnaissant Jérusalem comme la « capitale indivisible » d’Israël. Depuis, les autorités israéliennes œuvrent pour qu’il y ait de plus en plus de pays qui suivent ce chemin.   

Difficile de connaître avec précision les États qui recevront ces milliers de doses de vaccin en contrepartie de leur soutien diplomatique, mais Kan, la chaîne publique israélienne, dresse une liste répertoriant les concernés. Il s’agirait notamment de la République tchèque, du Guatemala, du Honduras et de la Hongrie. Des pays qui ont ouvert des missions diplomatiques à Jérusalem, ou se sont engagés à le faire. Avec ces vaccins disponibles immédiatement, l’idée est donc d’accélérer ce processus. En Afrique, le Tchad apparaît sur cette liste et devrait logiquement bénéficier de ces dons de vaccins israéliens.  Les Palestiniens devraient également en profiter. Objectif de l’État hébreu : faire taire la critique internationale en montrant qu’il subvient aux besoins de la population occupée. 

Le vaccin Moderna en stock

Offrir 100 000 doses ? Comment Israël peut se permettre ce luxe ? Les autorités israéliennes parlent de vaccins « inutilisés ». Israël s’est fourni auprès des laboratoires américains, principalement chez PfizerBioNTech et une petite partie a été achetée à Moderna. Ce sont justement ces vaccins Moderna qui font l’objet du don. Pour le moment et pour des raisons d’ordre logistique, l’État hébreu ne peut pas les inoculer à sa population. Leur température de conservation est différente de celle de Pfizer, utilisés en premier. Donc, tant que les centres de vaccination n’ont pas épuisé les stocks Pfizer, les vaccins Moderna étaient censés rester au frais. Seulement le Premier ministre Benyamin Netanyahu a décidé de les mettre au service de sa diplomatie. 

Cela suscite la colère d’une partie des Israéliens, car c’est le contribuable qui a payé ces vaccins. Le ministre de la Défense, Benny Gantz, dénonce les agissements de son rival Benyamin Netanyahu qui « dirige le pays comme une monarchie ».

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