Yémen: alors que la bataille de Marib fait rage, les Nations unies appellent à une aide «immédiate»

Yémen, l'un des cimetières de la ville de Marib, au nord du pays, où les Houthis sont à l'offensive, le 28 février 2021.
Yémen, l'un des cimetières de la ville de Marib, au nord du pays, où les Houthis sont à l'offensive, le 28 février 2021. REUTERS - ALI OWIDHA

Les Nations unies appellent ce lundi 1er mars à un financement « immédiat » pour prévenir une famine à grande échelle au Yémen. Lors d'une conférence de donateurs organisée ce jour, l'Onu espère récolter près de 4 milliards de dollars. Sur le terrain les violences se sont récemment intensifiées à Marib. Les rebelles Houthis tentent de prendre le contrôle ce dernier bastion du gouvernement dans le Nord du pays.

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Voilà plus d'un an que les rebelles houthis visent Marib à l'est de la capitale Sanaa qu'ils contrôlent déjà. Marib est une grande ville de 2 millions d'habitants mais c'est aussi le chef-lieu d'une province riche en champs pétroliers. Ce territoire représente pour l'heure le dernier bastion des forces pro-gouvernementales soutenues par la coalition menée par l'Arabie saoudite. 

Depuis le 8 février dernier les forces houthies ont lancé une nouvelle offensive en direction de Marib. Les combats aériens et aux sols sont intenses et les forces loyalistes semblent peiner à repousser les Houthis malgré le soutien de l'aviation menée par Riyad.

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Le nombre exact de morts causés par ces combats est flou. Il serait de plusieurs dizaines par jour dans les deux camps. Les combats se rapprochent petit à petit de la ville de Marib et les ONG craignent un exode d'ampleur, du jamais vu depuis le début de la guerre il y a sept ans. Elles appellent donc la communauté internationale à redoubler d'effort pour arriver à un cessez-le-feu.

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Une conférence des donateurs pour le Yémen

Plus de 100 gouvernements et donateurs particuliers participent à la réunion virtuelle des donateurs, -co-organisée par la Suède et la Suisse. Car la situation de pénurie alimentaire est grave, explique Bashir Omar, porte-parole de la Croix rouge internationale pour le Yémen, joint par Adam Diabira pour MCD. « Le Yémen a d’abord besoin de mettre fin à cette guerre et de trouver une solution pacifique. » Les besoins sont d'ordre sanitaire et logistique « pour faire face à la flambée des épidémies comme la diphtérie, le choléra et maintenant le Covid-19. » Mais aussi alimentaires, car « plus de 17 millions des Yéménites ne peuvent plus accéder aux produits alimentaires, et certaines régions du pays sont menacées de famine ; l’eau potable se fait rare car les canalisations ont été détruites par cette guerre qui n’a que trop duré. »

Or l'an dernier, les Nations unies n'avaient pu réunir que la moitié de la somme nécessaire. Il a manqué quelque 1,5 milliard de dollars sur les 3,4 milliards nécessaires l'année dernière. Et dans le contexte actuel de pandémie de Covid-19, la chute des financements a empiré la situation financière de l'organisation. « Pour la plupart des gens, la vie au Yémen est désormais insupportable. La période de l'enfance est désormais un enfer. Cette guerre est en train de faire disparaître toute une génération de Yéménites », a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres qui a appelé à ne pas « se détourner du Yémen ».

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