Des députés français refoulés d'un camp de réfugiés en Syrie

Photo prise dans le camp al-Hol géré par les Kurdes, qui abrite des proches présumés de combattants du groupe État islamique (EI), dans le gouvernorat de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 3 mars 2021.
Photo prise dans le camp al-Hol géré par les Kurdes, qui abrite des proches présumés de combattants du groupe État islamique (EI), dans le gouvernorat de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 3 mars 2021. AFP - DELIL SOULEIMAN

Incompréhension d'une poignée de parlementaires français : une délégation s'est rendue la semaine dernière en Syrie pour visiter des camps de réfugiés et rencontrer certains jihadistes et leurs familles, qui y sont détenus dans des conditions très difficiles. Or, l'accès leur a été interdit, contrairement aux représentants d'autres pays. Désormais rentrés sur le territoire français, ils accusent Paris d'avoir fait pression pour leur interdire de pénétrer dans ces camps. Ils attendent une réponse du gouvernement.

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Un voyage pour rien... ou presque... En arrivant à la frontière nord de la Syrie pour pénétrer dans le Rojava, cette enclave contrôlée par les autorités kurdes, la délégation de parlementaires ne s'imaginaient pas rencontrer pareille résistance.

Les eurodéputés Mounir Satouri et Sylvie Guillaume ainsi que les députés Frédérique Dumas et Hubert Julien-Laferrière se voient refuser l'accès aux camps, malgré plusieurs échanges positifs effectués en amont de la mission. Leurs différents interlocuteurs, membres de l'administration kurde, auraient prétexté de ne finalement pas pouvoir garantir la sécurité des membres de la délégation, mais se seraient aussi montré confus à plusieurs reprises.

Les délégations belges et espagnoles et allemandes avaient pourtant pu s'introduire dans ces camps précédemment. Il aurait été précisé aux élus sur place que la France était un partenaire trop important sur le plan géostratégique pour leur permettre de poursuivre leur mission.

Selon eux, le Quai d'Orsay aurait donc fait pression sur les autorités kurdes pour les empêcher de rencontrer notamment une femme détenue avec qui ils avaient rendez-vous. 

Pour rappel, Paris applique une politique du retour au cas par cas pour les enfants français détenus dans ces camps et que les adultes doivent être jugés sur place... 

Les députés refoulés attendent maintenant une réponse précise du gouvernement sur le sujet. Interrogé à l'issue du Conseil des Ministres, le porte-parole Gabriel Attal a assuré qu'il s'exprimerait prochainement.

 

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