Syrie: à Paris, des ONG déposent une plainte contre Damas pour «crimes contre l’humanité»

Trois ONG ont déposé plainte contre Damas, notamment après l'attaque au sarin contre le bastion rebelle de la Ghouta. Ici, un homme y tient alors le corps d'un enfant, le 21 août 2013.
Trois ONG ont déposé plainte contre Damas, notamment après l'attaque au sarin contre le bastion rebelle de la Ghouta. Ici, un homme y tient alors le corps d'un enfant, le 21 août 2013. REUTERS - Bassam Khabieh

Une plainte contre le régime syrien a été déposée mardi 2 mars au tribunal judiciaire de Paris pour « crimes contre l'humanité » et « crimes de guerre », ont annoncé les trois ONG à l'origine de la plainte. Cela concerne les attaques chimiques contre la population, en 2013, où 1 400 personnes étaient mortes.

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Les images de femmes et d'enfants pris au piège dans leur sommeil, morts dans des attaques au gaz sarin, avaient scandalisé le monde entier. C'était en aout 2013 en Syrie, le régime de Bachar el-Assad avait été montré du doigt.

Mais devant l'incapacité des pays occidentaux à réagir, trois ONG se sont mobilisées et portent plainte huit ans plus tard pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

« Ça n'a pas été facile, on parle d'un processus judiciaire, raconte Mazen Darwish, avocat et directeur du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression, joint par Murielle Paradon du service international de RFI. Nous avons dû beaucoup travailler pour recueillir des preuves, des paroles de victimes et de témoins. Il a fallu établir la chaîne de commandement pour trouver les responsabilités dans ces attaques. »

Les ONG ont décidé de déposer plainte au tribunal judiciaire de Paris, invoquant une compétence extraterritoriale. Pour autant, ce n'est pas le président syrien Bachar el-Assad qui est visé directement.

« Ce genre de tribunaux ne peut pas poursuivre un président d'un autre pays, explique Mazen Darwish. Nous avons donc ciblé Maher el-Assad, le frère de Bachar. Nous pensons que c'est l'unité qu'il commandait qui a commis ces attaques. »

Les ONG espèrent que leur plainte aboutira, pour juger les responsables, mais aussi pour prévenir d'autres attaques. Selon elles, la Syrie dispose toujours d’un important arsenal d'armes chimiques.

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