Liban: l'agitation gagne la rue chiite

Une manifestante bloque une autoroute au nord de Beyrouth, au Liban, le lundi 8 mars 2021.
Une manifestante bloque une autoroute au nord de Beyrouth, au Liban, le lundi 8 mars 2021. AP - Hussein Malla

Le nouveau round de protestation au Liban est caractérisé par le réveil de la rue chiite largement restée à l’écart du mouvement de contestation contre la classe politique qui a éclaté le 19 octobre 2019.

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avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Comme partout au Liban, des manifestants en colère ont coupé des routes dans des régions à majorité chiite, comme la banlieue sud de Beyrouth ou le Sud du pays. L’agitation au sein de la communauté chiite, largement acquise au Hezbollah et au mouvement Amal, présidé par le chef du Parlement Nabih Berry, est inhabituelle.

Le Hezbollah porte un regard critique sur la contestation, qu’il soupçonne d’être manipulée par ses adversaires locaux ou même par des puissances étrangères. Mais comme la majorité des Libanais, les chiites sont durement touchés par la crise économique qui s’est aggravée en raison de la dépréciation de la livre et de la flambée des prix qui s’en est suivie.

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Ce n’est pas le seul facteur qui explique la participation de jeunes chiites à la fermeture des routes. À la différence des premiers mois de la contestation, les partis politiques traditionnels jouent un rôle important dans la mobilisation actuelle. Nabih Berry n’a pas d’inconvénients à ce que ses partisans dirigent leur colère contre le président de la République Michel Aoun, avec qui il a de profondes divergences politiques sur nombre de dossiers.

Désavoués par la population, les partis traditionnels essayent de reprendre la main pour se livrer à des règlements de comptes politiques qui n’ont rien à voir avec les revendications économiques et sociales de la majorité des Libanais.

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