Liban: la contestation reprend en force après deux mois de confinement

Des manifestants dans les rues de Beyrouth. Le 12 mars 2021.
Des manifestants dans les rues de Beyrouth. Le 12 mars 2021. © RFI/Noé Pignéde

Au Liban, le mouvement de contestation reprend de l’ampleur, alors que la livre libanaise continue de s’effondrer. La monnaie nationale s’échange désormais à 11 000 livres pour 1 dollar, taux le plus bas jamais enregistré. Le salaire minimum, équivalent à 450 dollars il y a encore un an et demi, n’en vaut plus que 60. À cette crise économique, s’ajoute la crise politique : cela fait 7 mois que le pays du cèdre n’a pas de gouvernement. Ce 12 mars, des centaines de Libanais sont descendus dans la rue pour demander un changement de régime et des mesures concrètes pour mettre fin à la crise.

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 Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède

C'est une foule comme Beyrouth n’en avait pas vu depuis plusieurs mois. Les mines sont joyeuses, les slogans toujours les mêmes depuis un an et demi. Tous demandent le départ de la classe politique.

Meryem, une révolutionnaire de la première heure l’avoue: elle avait perdu le goût de manifester, mais aujourd’hui, l’espoir renaît. « Je suis heureuse d’être ici, de voir tellement de gens de différents horizons manifester à nouveau ensemble. Ces derniers temps, tout était très flou et désorganisé, et beaucoup des gens avec qui je descendais dans la rue ont quitté le pays. Mais je sais qu’ils sont toujours avec nous par la pensée. L’âme de la révolution n’est pas morte. Elle s’est peut-être un peu affaiblie, mais la mobilisation continue, et ça donne de l’espoir. »

Même état d’esprit chez Sam, ravi de voir que les Libanais se remobilisent après deux mois de confinement. Ravi aussi que les militaires, qui ont souvent réprimé les manifestations, se montrent aujourd’hui bienveillants envers le cortège. « Avant, l’armée restait sur le côté, aujourd’hui, les militaires sont en train de marcher avec nous. C’est la première fois que ça se passe ainsi parce qu’eux aussi, en ont marre. Ce sont des Libanais comme nous, ils sont de notre côté. Nous, on est là, on veut résister et on va finir par gagner».

Le jeune homme promet que la crise économique et politique poussera à nouveau des milliers de Libanais dans la rue ces prochaines semaines.

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