Législatives palestiniennes : un grand pas vers les premières élections depuis 15 ans

Les représentants du Hamas viennent déposer leur liste à devant la Commission électorale. Le
Les représentants du Hamas viennent déposer leur liste à devant la Commission électorale. Le REUTERS - ALI SAWAFTA

Trente-six listes, peu de parité, et le Fatah concurrencé : la commission électorale palestinienne publie les candidatures officielles pour les élections législatives. C’est une étape de plus vers les élections, les premières en 15 ans.

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Avec notre correspondante à Ramallah, Alice Froussard

Ce mardi 6 avril, la Commission électorale palestinienne a publié les listes définitives pour le scrutin des élections législatives prévues le 22 mai qui éliront les 132 membres du Conseil législatif. Un vote, avant des élections présidentielles, pour en finir avec les divisions, renforcer la représentativité de la gouvernance palestinienne et donner un coup de fouet au soutien international. Les groupes avaient jusqu’à mercredi dernier (31 mars) pour soumettre leurs candidats.

Toutes les listes déposées ont été acceptées : il y a en 36 ; 7 viennent des partis et factions palestiniennes traditionnelles, et 29 sont des listes indépendantes. En tout, 1 389 candidats, assez peu représentatifs d’une société palestinienne très jeune, car 40% ont plus de 50 ans. Il n'y a pas vraiment de parité non plus avec seulement 29% de femmes parmi les candidats. Même si la plupart des listes n’atteindront pas le seuil électoral minimal pour entrer au Parlement, la fin des divisions annoncée s’annonce compliquée avec autant de listes.

Le Fatah menacé et divisé

Le Fatah, le parti de Mahmoud Abbas, sera mis à l’épreuve, concurrencé par plusieurs de ses anciens membres, qui ont choisi de présenter leur propre liste. C’est le cas de Naser al Qudwa, ancien diplomate, auparavant au comité central du parti et neveu de Yasser Arafat avec sa liste « Liberté », soutenue par un influent cadre du parti en prison depuis 19 ans, Marwan Barghouti. Cette liste, en plus de diviser le parti, pourrait aussi gagner plus de sièges et battre ainsi Fatah comme Hamas.

Mais cette division n'est pas la seule. Salam Fayyad, l’ancien Premier ministre palestinien, a aussi déposé sa liste, tout comme Mohammad Dahlan, ex-proche et désormais rival d’Abbas, exilé aux Émirats arabes unis. Ainsi le parti finit écartelé entre 4 listes. Selon des analystes palestiniens, ces divisions ne sont pas nouvelles, mais elles explosent à l’approche des élections, car le Fatah ne peut regrouper autant de factions.

D’ici aux élections, il y a encore de nombreux obstacles comme la question du vote à Jérusalem-Est, ou d’éventuelles arrestations ou empêchement de la part des Israéliens.

Processus bloqué depuis 2009

Depuis quinze ans, la politique interne palestinienne est désarticulée et bloquée. Aux dernières élections législatives de 2006, la victoire du Hamas et sa prise de contrôle sur la bande de Gaza en 2007 - au prix de sanglants combats entre factions palestiniennes - a entraîné une division notoire avec le Fatah, qui a resserré son étau sur le Hamas en Cisjordanie. Le Parlement ne s’est jamais réuni en session plénière depuis. Le mandat du président Mahmoud Abbas aurait dû s’achever en 2009, mais les différentes tentatives de réconciliation entre le Hamas et le Fatah - pour permettre la tenue d'élections - ont jusqu’alors échoué.

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