L’Iran accuse Israël du sabotage d’un centre nucléaire et promet une «vengeance»

La centrale iranienne d'enrichissement d'uranium de Natanz, située 250 kilomètres au sud de Téhéran, le 30 mars 2005.
La centrale iranienne d'enrichissement d'uranium de Natanz, située 250 kilomètres au sud de Téhéran, le 30 mars 2005. © REUTERS/Raheb Homavandi

Les autorités iraniennes ont reconnu lundi 12 avril que le sabotage de la centrale nucléaire de Natanz avait endommagé une partie des installations d'enrichissement d'uranium du site, accusant Israël d'être derrière l’acte. En plein milieu des efforts diplomatiques pour remettre sur les rails l'accord international de 2015 censé encadrer le programme nucléaire iranien, Téhéran a promis une « vengeance ».

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Le porte-parole de la diplomatie iranienne Saïd Khatibzadeh a affirmé que les centrifugeuses endommagées à Natanz « seront assurément remplacées par des machines plus avancées », plus modernes et plus puissantes, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé Israël d'être à l'origine de cette action, en ajoutant que « la réponse de l'Iran sera la vengeance contre le régime sioniste au moment et à l'endroit opportun ».

Selon les autorités, la panne d'électricité a endommagé une partie des centrifugeuses IR-1, de vieille génération, installés dans le site.

S’il y avait quelque 5 000 centrifugeuses IR-1 à Natanz, les autorités n'ont pas dit combien d'entre elles ont été endommagées. En tout cas, cela va ralentir pendant quelques semaines ou quelques mois le programme d'enrichissement du pays.

Déjà en juillet 2020, une explosion avait détruit partiellement un des bâtiments du site dans lequel était assemblés des centrifugeuses plus modernes, de type IR-6 qui sont dix fois plus puissantes qui les appareils de la première génération.

En négociations sur le nucléaire, Téhéran ne veut « pas tomber dans le piège »

Ce nouveau sabotage de dimanche 11 avril intervient en pleine négociation entre l'Iran et les grandes puissances pour la levée des sanctions américaines et le retour des États-Unis dans l'accord nucléaire. En contrepartie, l'Iran a promis de limiter de nouveau son programme. Mais ce sabotage pourrait durcir la position de Téhéran dans ces négociations.

Selon l'agence de presse officielle Irna, des députés ont indiqué que le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif avait « insisté (...) sur la nécessité de ne pas tomber dans le piège tendu par les sionistes ». « Mais nous ne permettrons pas (qu'Israël fasse dérailler les discussions de Vienne) et nous nous vengerons des sionistes pour ces actions », aurait-il déclaré de même source lors d'une réunion à huis clos au Parlement consacrée à l'attaque contre Natanz.

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