Des sanctions européennes à l’étude contre des personnalités politiques libanaises

«Des mesures seront prises ces prochains jours contre ceux qui obstruent une solution à la crise au Liban», a déclaré, il y a quelques jours, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian (ici, à Paris, le 11 mars 2021).
«Des mesures seront prises ces prochains jours contre ceux qui obstruent une solution à la crise au Liban», a déclaré, il y a quelques jours, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian (ici, à Paris, le 11 mars 2021). REUTERS - POOL

Face au blocage politique au Liban et alors que le pays s’enfonce dans une crise économique et sociale sans précédent, la France change d’approche et entend désormais faire pression sur les dirigeants politiques libanais accusés de « faire obstruction » à la formation d’un gouvernement. Selon nos informations, Paris travaille à faire adopter des sanctions européennes visant des responsables libanais.

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« Les complices doivent payer la facture, il est temps de siffler la fin de la récré », nous confie une source française proche du dossier libanais. Notre interlocuteur semble partager l’exaspération des responsables français qui ont eu à s’exprimer sur le sujet dernièrement. Et il confirme que la France discute actuellement avec ses homologues européens pour établir une liste de personnalités libanaises visées par des sanctions. « Personne n’a intérêt à voir l’effondrement complet du Liban », ajoute-t-il.

Depuis l’explosion du Port de Beyrouth l’été dernier, Emmanuel Macron a fait du Liban l’une de ses priorités à l’international. Depuis des mois, le président français encourage à la formation d’un gouvernement et à des réformes pour permettre au Liban de sortir du gouffre économique et social. Mais cette « initiative française » s’est enlisée dans les méandres du système politico-confessionnel du pays du Cèdre.

« Les forces politiques libanaises refusent de s'entendre. Leur aveuglement est un crime de non-assistance à pays en danger, et pourtant des engagements avaient été pris. Des mesures seront prises ces prochains jours contre ceux qui obstruent une solution à la crise au Liban », déclarait, il y a quelques jours, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

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Jointe par RFI, une source diplomatique européenne précise que le Haut-Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères Josep Borrell travaille actuellement à un document présentant les différentes options en termes de sanctions contre des responsables libanais. Des mesures d’interdiction de voyager en direction de l’UE ou de gel des avoirs pourraient être proposées. Le Liban ne figure pas à l’ordre du jour officiel du Conseil européen des Affaires étrangères du lundi 19 avril, mais le sujet pourrait tout de même y être évoqué, nous dit-on de source diplomatique, selon laquelle « l'adoption de sanctions est un processus long ».

Selon nos informations, Gebran Bassil, figure en tête de liste des personnalités libanaises qui pourraient être visées par ces sanctions européennes. Ancien ministre, Gebran Bassil dirige le Courant patriotique libre, le parti du président libanais Michel Aoun (dont il est aussi le gendre). Parti chrétien, le CPL est allié au puissant Hezbollah chiite. Depuis l’année dernière, Gebran Bassil est sous le coup de sanctions américaines, prises sous l’administration Trump.

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