Liban: le procureur dessaisit la juge anti-corruption Ghada Aoun des dossiers des crimes financiers

Le procureur général libanais a dessaisi pour la troisième fois, vendredi, la juge Ghada Aoun des dossiers financiers et a ordonné à la police judiciaire de ne plus obéir à ses ordres (image d'illustration).
Le procureur général libanais a dessaisi pour la troisième fois, vendredi, la juge Ghada Aoun des dossiers financiers et a ordonné à la police judiciaire de ne plus obéir à ses ordres (image d'illustration). AP - Hussein Malla

Au Liban, le procureur général a dessaisi pour la troisième fois, vendredi 16 avril, la juge Ghada Aoun des dossiers financiers et a ordonné à la police judiciaire de ne plus obéir à ses ordres. Cette mesure illustre les profondes divisions au sein de la justice libanaise au sujet de la lutte contre la corruption.

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Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Quelques heures après la décision du procureur général de la dessaisir des dossiers relatifs aux crimes financiers, la juge Ghada Aoun a procédé à une perquisition spectaculaire sous les objectifs des caméras dans les bureaux de la société Mecattaf, spécialisée dans le transport de devises entre le Liban et l’étranger.

Accompagnée de policiers et de dizaines d’activistes d’un collectif anti-corruption, la procureure du Mont-Liban a fait forcer les portes fermées malgré les protestations des avocats de la société. La juge est restée seule dans les locaux perquisitionnés, entourée des militants de la société civile, après le retrait de la force de police conformément à la décision du procureur général.

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La seule juge qui a osé s’attaquer à des personnalités intouchables

Ghada Aoun défraie la chronique au Liban depuis des mois pour sa guerre contre la corruption. C’est la seule juge qui a osé s’attaquer à des personnalités intouchables, comme l’ancien Premier ministre Najib Mikati, le gouverneur controversé de la Banque centrale, Riad Salamé et, vendredi, à la plus importante société de transfert de devises.

Les détracteurs de Ghada Aoun l’accusent d’exécuter l’agenda politique du chef de l’État Michel Aoun. Ses partisans la considèrent comme une femme courageuse qui se bat contre un système miné par la corruption. Le hashtag #GhadaAoun avait été partagé en fin de journée plus de 40 000 fois sur Twitter.

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