L'Arabie saoudite et l'Iran tentent de rétablir leurs relations diplomatiques

Soucieux de ses bonnes relations avec l'administration Biden, le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman souhaite en finir avec le conflit au Yémen.
Soucieux de ses bonnes relations avec l'administration Biden, le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman souhaite en finir avec le conflit au Yémen. AFP - HO

En Irak, une rencontre entre des hauts responsables saoudiens et irakiens veut donner le coup d'envoi à de nouvelles relations entre les deux pays. C'est une information donnée par le Financial Times. Les deux pays avaient rompu leurs liens diplomatiques il y a cinq ans. Un réchauffement avec en toile de fond les États-Unis de Joe Biden et l'accord sur le nucléaire iranien de 2015. 

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Il s'agit des premières discussions entre l'Arabie saoudite et l'Iran depuis 2016. Selon des sources officielles, rapportées par le Financial Times, des pourparlers se sont engagés à Bagdad le 9 avril entre des représentants des deux pays. La délégation saoudienne était notamment menée par le chef du renseignement Khalid bin Ali al-Humaidan.

Dans le rôle du facilitateur de ce rapprochement, le Premier ministre irakien Mustafa al-Kadhimi, qui a parlé avec le prince Mohamed Ben Salman à Riyad au mois de mars. Selon les responsables cités par le quotidien britannique, Bagdad aurait ouvert des « canaux de communication » avec l'Iran via l'Égypte et la Jordanie.

Antagonisme renforcé sous l'ère Trump

Les relations entre l'Arabie saoudite, qui se considère comme le leader du monde musulman sunnite, et l'Iran, la principale puissance chiite de la région, se sont brisées à la suite du saccage de l'ambassade du royaume à Téhéran. Saccage lui-même motivé par l'exécution par Riyad de cheikh Nimr al-Nimr, un prêtre chiite influent.

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Les tensions ont encore monté d'un cran en 2018 quand Donald Trump a retiré les États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien et réimposé de lourdes sanctions à Téhéran. Washington et Riyad ont ensuite accusé l'Iran de livrer des missiles et des drones aux Houthis, un mouvement islamiste aguerri qui contrôle Sana'a, la capitale yéménite, et le nord du Yémen depuis début 2015. 

Biden à la manœuvre

Les discussions de ce mois d'avril ont justement porté sur ce conflit meurtrier, perçu dans la région comme une guerre par procuration entre Riyad et Téhéran. L'Arabie saoudite et le prince Ben Salman souhaiteraient mettre un point final au combat mené contre les rebelles Houthis. Ces derniers ont lancé plusieurs missiles et drones chargés d'explosifs contre les villes et les infrastructures pétrolières du royaume cette année.

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Cette reprise des contacts est aussi une manière pour l'Arabie Saoudite de prouver sa bonne foi. Car, par ailleurs, cette désescalade organisée entre les deux rivaux régionaux est aussi l'affaire de Joe Biden. Le président américain, à la manœuvre, cherche à désamorcer les tensions dans la péninsule arabique et à ramener coûte que coûte l'Iran dans le giron de l'accord sur le nucléaire. La reprise des discussions entre Américains et Iraniens n'est pas pour rien dans l'ébauche de réchauffement irano-saoudien. Les négociations doivent continuer la semaine prochaine.

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