Les dissensions politiques gagnent la justice libanaise

Une partie de la classe politique dénonce une justice sélective principalement dirigée contre des adversaires du président Michel Aoun (g). Ghassan Oueidate est soutenu, lui, par le Premier ministre désigné Saad Hariri (d), un sunnite comme lui.
Une partie de la classe politique dénonce une justice sélective principalement dirigée contre des adversaires du président Michel Aoun (g). Ghassan Oueidate est soutenu, lui, par le Premier ministre désigné Saad Hariri (d), un sunnite comme lui. AP - Dalati Nohra

À Beyrouth, des affrontements ont eu lieu lundi 19 avril devant le palais de justice entre des partisans d’une juge dessaisie et le procureur qui a pris des mesures à son encontre.

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Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Les profondes divergences qui paralysent la vie politique au Liban et empêchent la formation d’un gouvernement depuis plus de huit mois ont gagné la justice.

Ce lundi, des partisans de la magistrate Ghada Aoun et du procureur général Ghassan Oueidate, qui l’a dessaisie des dossiers qu’elle instruit, se sont affrontés devant le palais de justice, malgré un imposant déploiement de la police et de l’armée.

La juge a refusé la décision du procureur et a poursuivi ses perquisitions dans les locaux de la société Mecattaf de transport de devises.

► À lire aussi : Liban: le procureur dessaisit la juge anti-corruption Ghada Aoun des dossiers des crimes financiers

Une justice sélective ?

L’affaire a été portée devant le Conseil supérieur de la magistrature qui s’est réuni d’urgence et a décidé d’entendre ce mardi 20 avril Ghada Aoun, qui a fait de la lutte contre la corruption sa principale bataille.

Mais ses méthodes sont contestées par une partie de la classe politique qui dénonce une justice sélective principalement dirigée contre des adversaires du président Michel Aoun.

Ghassan Oueidate est soutenu, lui, par le Premier ministre désigné Saad Hariri, un sunnite comme lui.

L’affaire prend donc une tournure politique et confessionnelle, surtout que les divergences entre Michel Aoun et Saad Hariri bloquent la formation d’un nouveau gouvernement. Une exigence de la communauté internationale en contrepartie d’une aide financière au Liban, qui est au bord de l’effondrement.

► À écouter aussi : Crise au Liban: «La formation d'un gouvernement apparaît comme une première étape nécessaire»

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