Un pétrolier iranien touché par une attaque meurtrière près de la Syrie

Photo publiée par l'Agence de presse arabe syrienne officielle (SANA) le 24 avril 2021 montrant de la fumée s'échappant d'un pétrolier au large de la ville de Banias, dans l'ouest de la Syrie.
Photo publiée par l'Agence de presse arabe syrienne officielle (SANA) le 24 avril 2021 montrant de la fumée s'échappant d'un pétrolier au large de la ville de Banias, dans l'ouest de la Syrie. - SANA/AFP

Un pétrolier iranien a été samedi 24 avril la cible d'une attaque au large de la Syrie, qui a fait trois morts et touché l'un de ses réservoirs, la première du genre depuis le début de la guerre dans ce pays, selon une ONG syrienne.

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L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres et qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, n'était pas en mesure de préciser dans l'immédiat l'origine de l'attaque qui n'a pas été revendiquée. « Le pétrolier iranien qui venait d'Iran était à l'arrêt non loin du port (syrien) de Banias au moment de l'attaque », a affirmé à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. « Au moins trois Syriens ont été tués, dont deux membres d'équipage. »

M. Abdel Rahmane a dit « ignorer s'il s'agit d'une attaque israélienne ou non », alors qu'Israël a ciblé maintes fois des positions de l'Iran en Syrie, pays voisin de l'État hébreu en guerre depuis 2011. 

À Damas, le ministère du Pétrole, cité par l'agence officielle Sana, a affirmé qu'« un incendie s'est déclaré dans l'un des réservoirs » d'un pétrolier non identifié « après avoir été vraisemblablement la cible d'une attaque au drone », au large de Banias. L'incendie est désormais « maîtrisé », selon le ministère.

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Il s'agit de la première attaque du genre depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, d'après l'Observatoire syrien des droits de l’homme. Elle intervient dans un contexte tendu entre Israël d’un côté, l’Iran et ses alliés de l’autre, qui se livrent à un étalage de force marqué par des opérations militaires non revendiquées.

Le 22 avril, un missile syrien sol-air est tombé non loin du réacteur nucléaire israélien de Dimona, dans le sud du pays. Le lendemain, l’aviation israélienne a riposté par des raids au sud de Damas. Le 13 avril, c’était un navire commercial israélien qui était attaqué près des côtes des Emirats arabes unis. La veille, Téhéran avait accusé l’Etat hébreu de « sabotage » dans son usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, où l’explosion d’une bombe introduite sur le site avait fait des dégâts.

Ces dernières semaines, d’autres attaques de navires appartenant aux deux pays dans le Golfe et en mer rouge sont restées dans revendications, rappelle notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

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La guerre en Syrie, déclenchée en 2011 par la répression de manifestations pro-démocratie, a coûté des dizaines de milliards de dollars au secteur des hydrocarbures. Les sanctions contre la Syrie ainsi que les mesures punitives américaines contre l'Iran, pays pétrolier, ont rendu d'autant plus compliquées les importations.

Avant le conflit, la production de pétrole brut syrien atteignait près de 400 000 barils par jour. En 2020, celle-ci s'élevait à seulement 89 000 b/j selon le ministre du Pétrole, dont jusqu'à 80 000 en provenance des zones kurdes échappant au contrôle du pouvoir.

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