Iran: Zarif demande «pardon» à la famille de Soleimani après la fuite de ses propos

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, lors d'une conférence de presse à Bagdad, en Irak, le lundi 26 avril 2021.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, lors d'une conférence de presse à Bagdad, en Irak, le lundi 26 avril 2021. AP - Khalid Mohammed

Une semaine après la publication d'un entretien confidentiel dans lequel le chef de la diplomatie semblait critiquer le rôle de l'ex-général Qassem Soleimani, tué dans une attaque américaine en janvier 2020 à Bagdad, Mohammad Javad Zarif a demandé « pardon » à la famille de ce dernier pour ses propos.

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Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

Devant la multiplication des critiques de la part des conservateurs mais aussi de la famille de l'ex-général Qassem Soleimani, Mohammad Javad Zarif a fini par demander « pardon ». « J'espère que la famille respectée de Qassem Soleimani me pardonnera », a écrit le ministre dans un poste sur sa page Instagram. 

L'enregistrement audio qui a fuité a provoqué de vives critiques en Iran contre le chef de la diplomatie pour avoir mis en cause les grandes lignes de la politique étrangère du pouvoir iranien. Depuis la publication de cet enregistrement par les médias iraniens basés à l'étranger, les conservateurs ne cessent de critiquer le chef de la diplomatie.

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La Justice a ouvert une enquête, et 20 personnes impliquées dans l'enregistrement de cet entretien, commandé par le Centre des études stratégiques de la présidence, ont été interdites de quitter le territoire iranien. Le chef de ce centre, un proche conseiller du président Hassan Rohani, a été lui-même écarté de son poste.

L'ayotollah Khamenei prend position 

Cette affaire intervient à moins de deux mois de la présidentielle alors que Mohammad Javad Zarif semble être le principal candidat des réformateurs. La publication de cet entretien qui devait rester confidentiel signifie la mort politique du ministre des Affaires étrangères pour les conservateurs qui espèrent prendre le contrôle de la présidence. 

Ce dimanche, l'ayatollah Khamenei a dénoncé une « grande erreur » du chef de la diplomatie. Sans le nommer, il a directement critiqué les récents propos de Mohammad Javad Zarif, ce qui pourrait lui coûter très cher sur le plan politique. « On a entendu ces derniers jours des propos de la part des responsables du pays qui sont regrettables et surprenants. Certains de ces propos sont la répétition des positions hostiles des ennemis, des Américains », a lancé Ali Khamenei. Il a ajouté que les Américains avaient tué le général Qassem Soleimani lors d'une frappe de missile à Bagdad en janvier 2020 parce qu'ils étaient mécontents de l'influence de l'Iran dans la région.

Allant plus loin, il a affirmé que la force Qods des Gardiens de la révolution avait empêché une diplomatie passive dans la région et que le ministère des Affaires étrangères était un simple exécutant et ne définissait pas la politique étrangère du pays.

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