Des diplomates turcs en visite au Caire pour normaliser les relations

Alors que le président turc Erdogan a longtemps qualifié son homologue égyptien al-Sissi de «tyran», «putschiste» et «meurtrier», une délégation turque s'est rendue en Égypte pour normaliser les relations entre les deux pays. (Image d'illustration)
Alors que le président turc Erdogan a longtemps qualifié son homologue égyptien al-Sissi de «tyran», «putschiste» et «meurtrier», une délégation turque s'est rendue en Égypte pour normaliser les relations entre les deux pays. (Image d'illustration) © KAYHAN OZER,LUDOVIC MARIN/AFP

Une délégation turque, menée par le vice-ministre des Affaires étrangères Sedat Önal, est au Caire mercredi 5 et jeudi 6 mai pour des « consultations politiques » visant à « normaliser » les relations entre l’Égypte et la Turquie. Cette dernière avait rompu les liens diplomatiques après le renversement, en juillet 2013, du président égyptien Mohamed Morsi.

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Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Pour la première fois en presque huit ans, des diplomates turcs sont au Caire. Des échanges entre les services de renseignement avaient préparé le terrain en 2020. Mais cette fois, la démarche est affichée, notamment par la Turquie, qui semble pressée de rétablir ses relations avec l’Égypte.

Espoir d'union autour de la Libye et la Méditerranée orientale

Les sujets sur la table sont nombreux. Dans leurs déclarations publiques, les officiels turcs ont identifié deux domaines dans lesquels Ankara espère bénéficier d’un rapprochement avec Le Caire : la Libye et la Méditerranée orientale.

En Libye, après avoir soutenu des camps opposés dans le conflit des dernières années, la Turquie dit vouloir travailler avec l’Égypte aux côtés du gouvernement de transition installé depuis mars. En Méditerranée, Ankara souhaite signer avec Le Caire un accord de délimitation maritime, qui renforcerait sa position dans ses disputes avec Athènes.

► À écouter aussi : Décryptage - Bras de fer en Méditerranée orientale entre Athènes et Ankara

Si les consultations en cours se déroulent favorablement, la Turquie pourrait nommer un ambassadeur en Égypte, et réciproquement. Avec, toutefois, une inconnue majeure : le président turc Erdogan tendra-t-il la main à son homologue égyptien, Abdel Fatah al-Sissi, après l’avoir longtemps qualifié de « tyran », « putschiste » et « meurtrier » ?

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