Violences à Jérusalem: malgré un retour au calme, la crainte d'une nouvelle escalade

La police israélienne face à des manifestants lors des affrontements aux abords de la mosquée al-Aqsa, à Jérusalem, le 7 mai 2021.
La police israélienne face à des manifestants lors des affrontements aux abords de la mosquée al-Aqsa, à Jérusalem, le 7 mai 2021. REUTERS - AMMAR AWAD

Israël se prépare à de nouveaux affrontements avec les Palestiniens alors que l’on a compté, hier, plus de 200 blessés à Jérusalem et deux morts en Cisjordanie.

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Le calme est revenu à Jérusalem, mais il reste fragile. Au lendemain des heurts, la police a rouvert l’esplanade pour la prière et des milliers de fidèles sont entrées en chantant. Les équipes médicales du Croissant-Rouge palestinien, qui se sont fait refuser un accès immédiat par les forces de sécurité israéliennes, recensent au moins 205 Palestiniens blessés depuis hier soir. Plusieurs d’entre eux ont perdu un œil. La police israélienne, qui a fait état de 18 blessés dans ses rangs, a déployé de nouveaux renforts dans et autour de la vieille ville. Plusieurs routes d’accès ont été fermées, rapporte notre correspondant, Christian Brunel. L’armée a également été placée en état d’alerte en Cisjordanie occupée. Deux Palestiniens, qui, selon l’armée, s’apprêtaient à commettre un attentat en Israël, y ont été tués et un autre grièvement blessé par des tirs de soldats.

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Cette brusque escalade des violences a été notamment provoquée par un projet d’expulsion de dizaines de Palestiniens de leurs habitations à Jérusalem-Est au profit de colons israéliens. Pour le ministère israélien des Affaires étrangères, les Palestiniens profitent « d’un conflit immobilier entre des particuliers » pour inciter à la violence.

Les images de cet accès de violence tournent en boucle sur les réseaux sociaux et dans les médias, rapporte notre correspondante à Jérusalem, Alice Froussard : notamment celles des grenades assourdissantes et des balles de caoutchouc lancées par l’armée israélienne sur les Palestiniens à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa, mais aussi la vidéo d’un soldat, à l’entrée de la vieille ville de Jérusalem, qui lance une grenade dans une foule, où se trouvent des enfants. Enfin, on voit aussi les photos de l’esplanade des Mosquées, sous les gaz lacrymogènes de l’armée, pierres et bouteilles lancées en retour.

À Jérusalem, les habitants craignent désormais une escalade de la violence de la part des forces de sécurité israéliennes pour Laylat al-Qadr, (Nuit du destin) la 27e nuit du ramadan, l'une des nuits les plus sacrées de l'islam qui sera célébrée ce samedi soir. La journée a été plus calme que la veille, mais de nombreux appels à manifester après l'iftar, la rupture du jeûne, ont été relayés, tandis que l'armée israélienne renforce sa présence à Jérusalem. 

La police israélienne a fermé les routes menant à Jérusalem. Elle interdit l’entrée dans la ville sainte des dizaines de bus de Palestiniens qui voulaient se rendre à al-Aqsa pour Laylat al-Qadr, la 27e nuit du Ramadan, la plus sacrée de l’islam.

À Jérusalem, les habitants craignent des violences pour Laylat al-Qadr

 

Réactions internationales

Les États-Unis, les Nations unies et l’Union européenne ont réagi dans des communiqués, appelant à une « désescalade de la violence » tandis que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, tient le gouvernement israélien pour responsable de ces violences. De son côté, la Russie a exprimé samedi son « inquiétude » et a appelé, elle aussi, à éviter une « escalade des violences » à Jérusalem. La réaction la plus véhémente étant probablement celle de l'Iran qui a exhorté les Nations unies à condamner ce qu'il a appelé un « crime de guerre » d'Israël. L'Iran « condamne l'attaque contre la mosquée Al-Aqsa (...) par le régime militaire qui occupe » Jérusalem, a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.  « Ce crime de guerre prouve une fois de plus au monde la nature criminelle du régime sioniste illégitime », a-t-il ajouté.

Aucune accalmie ne semble en vue. Au contraire, les prochains jours risquent d’être à très haut risque. Dimanche, les musulmans célèbrent la « nuit du destin » qui marque la révélation du Coran au prophète Mahomet, alors que les Israéliens vont fêter la journée de Jérusalem, organisée pour l’annexion de la partie arabe de la cité avec des défilés de nationalistes dans la Vieille Ville. Tandis que lundi, la Cour suprême israélienne doit se prononcer sur les projets d’expulsions à Jérusalem-Est. 

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