Israël: la justice reporte l'audience sur l'expulsion de familles palestiniennes

Une jeune palestinien manifeste devant deux soldats israéliens à Jérusalem le 7 mai 2021.
Une jeune palestinien manifeste devant deux soldats israéliens à Jérusalem le 7 mai 2021. AP - Maya Alleruzzo

Le verdict de la Cour suprême israélienne, qui devait statuer sur l’expulsion ou non de quatre familles palestinienne, du quartier stratégique de Sheikh Jarrah à Jérusalem devait tomber ce lundi. Mais ce dimanche, la justice israélienne a annoncé le report de l’audience.  

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Avec notre correspondante à Ramallah, Alice Froussard

L'expulsion de quatre familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah était au cœur des violences des deux derniers jours sur l’Esplanade des Mosquées, et à la Porte de Damas, qui ont fait plus de 300 blessés palestiniens. L'audience prévue ce lundi qui devait statuer sur le sort de ces familles a finalement été reportée. « À la lumière du contexte actuel, et à la demande du procureur général, l’audience prévue ce lundi est annulée, une nouvelle date sera annoncée d’ici 30 jours », peut-on lire dans le communiqué du ministère de la justice israélienne.

En attendant, les familles de Sheikh Jarrah resteront chez elles, jusqu’à ce que la justice se décide. Mais cela ne veut pas dire un retour au calme dans le quartier de Sheikh Jarrah. Ces quatre familles sont toujours menacées de déplacement forcé, et ce report est loin d’être une victoire pour les habitants.

Selon Muna al Kurd, habitante du quartier, ce report était attendu. « Geler la décision ne signifie pas l’annuler, cela fait partie des procédures israéliennes, faire durer les décisions, il faut donc intensifier nos efforts », précise-t-elle. Ce report n’intervient pas non plus au hasard, pile au moment où la population palestinienne est mobilisée, à bloc après deux jours de violence de la part des forces de l’ordre à Jérusalem. Des associations juridiques palestiniennes le précisent : « Israël compte ainsi gagner du temps pour que la solidarité s’amenuise ».

Un peu plus tôt dans l’après midi, les avocats des familles de Sheikh Jarrah, Sami Arshid et Husni Abu Hussein, ont demandé à ce que le procureur général israélien soit impliqué dans le processus, car, disent-ils, ce dossier a des implications politique, pour toute la population palestinienne de Jérusalem.

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