Violences au Proche-Orient: les pays arabes condamnent timidement Israël

Le roi Abdallah II a pris position contre «les tentatives des autorités israéliennes de changer la situation démographique à Jéruslem-Est».
Le roi Abdallah II a pris position contre «les tentatives des autorités israéliennes de changer la situation démographique à Jéruslem-Est». © Vincent Kessler/REUTERS

Le Hamas et Israël ont échangé des centaines de tirs dans la nuit de lundi à mardi, tuant plus de 20 Palestiniens à Gaza. Les affrontements qui ont éclaté sur l'esplanade des Mosquées vendredi dernier sont les plus violents depuis 2017. Des tensions qui obligent les acteurs régionaux à prendre position.  

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Le premier des grands voisins est bien sûr la Jordanie peuplée de 70% de Palestiniens. Amman est signataire d'un accord de paix avec Israël qui date de 1994. Mais le Roi Abdallah II s'est tout de même exprimé contre «  les tentatives des autorités israéliennes de changer la situation démographique à Jéruslem-Est ». Ce sont notamment des évictions programmées de familles palestiniennes dans cette partie de la ville qui ont embrasé le conflit.

D'autres pays arabes se sont exprimés plus timidement contre la situation. L'Arabie Saoudite a rejeté « cette stratégie d'Israël qui vise à évincer des dizaines de Palestiniens de leur foyer » alors que le Maroc a exprimé « sa profonde inquiétude ». Enfin le Bahreïn et les Émirats arabes unis ont condamné les interventions policières dans la mosquée Al-Aqsa.

Normalisation des relations avec Israël

Tous ces pays sont des alliés historiques des Palestiniens mais ils ont également entamé des démarches plus ou moins avancées de normalisation de leur relations avec Israël. Ils ont donc délaissé le dossier palestinien ces dernières années,  au profit d'une alliance plus intéressante sur le plan international.

L'esplanade des Mosquées reste tout de même le troisième lieu saint de l'islam, et la question palestinienne une cause largement partagée par les habitants de ces pays. Il sera donc difficile pour leurs autorités de trouver un juste milieu si le conflit venait à durer.

L'esplanade des Mosquées, un lieu ultra sensible

L'esplanade des Mosquées domine la Vieille ville de Jérusalem, elle se situe dans la partie orientale occupée et annexée par Israël depuis des décennies. Le site abrite la mosquée al-Aqsa et le Dôme du Rocher, et est considéré par les musulmans comme le troisième lieu saint de l'islam. L'esplanade est aussi un lieu sacré pour les juifs, c'est leur Mont du Temple, temple détruit en 70 par les Romains, et dont le seul vestige est le mur des Lamentations situé en contre-bas.

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Selon un statu quo datant de 1967, seuls les musulmans peuvent prier sur l'esplanade des Mosquées, les juifs ont le mur des Lamentations. En outre, les autorités rabbiniques interdisent l'accès au site à leurs fidèles de crainte qu'ils foulent aux pieds le saint des saints. Mais des ultranationalistes juifs bravent régulièrement l'interdit en pénétrant sur l'esplanade par l'entrée réservée aux touristes, ce qui provoque des tensions avec les Palestiniens.

Autre facteur de tensions : c'est la police israélienne qui contrôle les entrées de l'esplanade, nous sommes en territoire occupé, et elle peut interdire à tout moment l'accès des musulmans à leur lieu saint.

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