Une société turque cesse de produire 1/4 de l'électricité au Liban, risque de «black-out»

Karadeniz Powership Orhan Bey, un navire de production d'électricité de Turquie, amarré au port de Jiyeh, au sud de Beyrouth, au Liban, le 10 août 2017.
Karadeniz Powership Orhan Bey, un navire de production d'électricité de Turquie, amarré au port de Jiyeh, au sud de Beyrouth, au Liban, le 10 août 2017. REUTERS - AZIZ TAHER

Le Liban, enlisé dans une crise économique et sociale sans précédent, n'avait pas besoin de ça. Deux navires-centrales électriques stationnés au large du pays ont arrêté leur production ce vendredi matin, privant le pays d'un quart de son approvisionnement en électricité. En cause, des arriérés de paiement de l'État libanais que l'opérateur turc refuse de tolérer plus longtemps. La société déplore aussi un environnement « plein de risques directs et injustifiables », en référence à des soupçons de malversations que lui reprocherait la justice libanaise.

Publicité

Cette fermeture, l'entreprise turque Karpowership, propriétaire des navires dit la « regretter profondément ». Mais cette dernière déplore n’avoir d'autres choix après avoir attendu 18 mois le paiement de ses services par l'État libanais.

Un État financièrement aux abois. « Nous avons été excessivement flexibles, en continuant de fournir de l'électricité sans paiement ni échéancier de paiement parce que le pays traversait déjà une période difficile », s'est justifié Karpowership présent depuis 2013 dans le pays. Ces arriérés se monteraient à 100 millions de dollars selon la société.

►À lire aussi : Le Liban touché par la plus grave crise économique et financière depuis la fin de la guerre civile

Des poursuites judiciaires contestées

Mais ce n'est pas tout. Karpowership, filiale de l'énergéticien turc Karadeniz, conteste aussi des poursuites judiciaires dont elle ferait l'objet. Le procureur général financier avait interdit la semaine dernière à Karpowership de quitter les eaux du Liban et menacé de saisir les navires en raison du versement présumé de commissions occultes. Des allégations considérées par la société turque comme « sans fondement et manquant de crédibilité ».

Pour l'heure, les Libanais, qui vivent déjà au rythme des délestages depuis des décennies à cause d'un fournisseur public, Électricité du Liban, notoirement défaillant, risquent le black-out total.

►À lire aussi Liban: après les menaces de la France, le silence des officiels, l’enthousiasme des opposants

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail