Gaza: Biden dit son «inquiétude» à Netanyahu, demande à Abbas la fin des tirs de roquettes

Un homme porte le corps d'un enfant palestinien tué lors d'une flambée de violence, lors de ses funérailles dans un cimetière du nord de la bande de Gaza le 15 mai 2021.
Un homme porte le corps d'un enfant palestinien tué lors d'une flambée de violence, lors de ses funérailles dans un cimetière du nord de la bande de Gaza le 15 mai 2021. REUTERS - SUHAIB SALEM

Joe Biden a dit samedi 15 mai sa « grande inquiétude » au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu après l'escalade des violences en Israël et à Gaza, affirmant au président palestinien Mahmoud Abbas que le Hamas devait « cesser de tirer des roquettes ».

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Le président américain avait déjà parlé avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu mercredi, mais c'est son premier entretien téléphonique avec le chef de l'Autorité palestinienne depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier. Joe Biden a souligné à Mahmoud Abbas « la nécessité pour le Hamas de cesser de tirer des roquettes vers Israël » et réaffirmé à Beyamin Netanyahu son « fort soutien au droit d'Israël à se défendre contre » ces attaques menées par le mouvement islamiste « et d'autres groupes terroristes à Gaza », selon des communiqués séparés de l'exécutif américain. Le président a aussi « condamné ces attaques indiscriminées contre des villes à travers Israël », d'après le texte.

Mais Mahmoud Abbas n'a aucune prise sur le Hamas, qui est au contraire pour lui un véritable adversaire dans le jeu palestinien. Par ailleurs, les États-Unis n'ont pas de relations officielles avec le Hamas qu'ils considèrent comme une organisation terroriste. Difficile ainsi d'être médiateur si l'on ne parle qu'à l'une des deux parties du conflit.

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Depuis le début, le lundi 10 mai, de ce nouveau cycle de violences entre l'État hébreu et des groupes palestiniens de la bande de Gaza, plus de 150 personnes, dont une majorité de Palestiniens, ont été tuées.

Le président américain a également fait part au Premier ministre israélien de sa préoccupation au sujet de « la sécurité des journalistes » après qu'une frappe israélienne a détruit un immeuble abritant les locaux de l'agence américaine AP à Gaza et d’Al-Jazeera, selon un communiqué de la Maison Blanche. Le directeur d'Al-Jazeera a d’ailleurs dénoncé un « crime de guerre » et une tentative de « faire taire les médias » après ce bombardement.

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Le président démocrate Joe Biden a aussi fait part de sa grande inquiétude au sujet de la violence entre les communautés en Israël. Il a salué les communiqués par le Premier ministre et d'autres dirigeants s'opposant à « de telles actions haineuses ». Il a également « noté que cette phase actuelle du conflit avait tragiquement coûté la vie à des civils israéliens et palestiniens, y compris des enfants ».

Une « solution négociée à deux États »

À Mahmoud Abbas, Joe Biden a répété « l'engagement américain de renforcer le partenariat » avec les Palestiniens, sérieusement écorné sous le mandat de Donald Trump. Le président américain a enfin « exprimé son soutien à des mesures pour permettre au peuple palestinien de jouir de la dignité, la sécurité, la liberté et les opportunités économiques qu'il mérite ». Il a rappelé la reprise en avril de l'aide américaine aux Palestiniens, interrompue sous la présidence de Donald Trump.

Une « solution négociée à deux États » est « la meilleure voie pour parvenir à une résolution juste et durable du conflit israélo-palestinien », a ajouté le président américain.

Le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Rudeinah, a indiqué à l'AFP que cet entretien avait été « important ». Washington a également envoyé un émissaire en Israël et dans les Territoires palestiniens, Hady Amr pour exhorter à la « désescalade ».

« Cette opération n'est pas encore terminée », prévient Netanhayu

Le Premier ministre israélien a déclaré de son côté samedi qu'Israël continuerait à frapper la bande de Gaza aussi longtemps que nécessaire et fera tout son possible pour éviter les victimes civiles, faisant porter la responsabilité des violents affrontements des derniers jours au Hamas. « La partie qui porte la culpabilité de cette confrontation n'est pas nous, ce sont ceux qui nous attaquent », a déclaré Netanyahu dans un discours télévisé. « Nous sommes toujours au milieu de cette opération, elle n'est pas encore terminée et cette opération se poursuivra aussi longtemps que nécessaire », a-t-il dit.

(Avec agences)

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