Israël/Gaza: face à l'embrasement, l'Autorité palestinienne affaiblie

Une photo fournie par le bureau de presse de l'Autorité palestinienne le 15 mai 2021 montre le président Mahmoud Abbas (c-d) participant à une réunion avec des responsables de la sécurité à Ramallah.
Une photo fournie par le bureau de presse de l'Autorité palestinienne le 15 mai 2021 montre le président Mahmoud Abbas (c-d) participant à une réunion avec des responsables de la sécurité à Ramallah. AFP - THAER GHANAIM

Il n'est pas question de trêve pour l'instant au Proche-Orient et à Gaza, les armes ne se taisent pas. Le Hamas, le groupe islamiste au pouvoir depuis 2007, a tiré des missiles vers Tel Aviv la nuit dernière, et continue en ce moment même. Samedi 15 mai et ce dimanche matin, c’est Israël qui a détruit des bâtiments symboliques à Gaza, dont des bureaux de presse et le domicile du chef du Hamas. Et à Ramallah, le Fatah, et derrière l'Autorité palestinienne semblent affaiblis.

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Avec notre correspondante à RamallahAlice Froussard

Après le discours d’Ismaël Haniyeh, le leader du Hamas, l’organisation islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, qui était au Qatar, il y avait une certitude à Ramallah : celle que l’Autorité palestinienne était en dehors du jeu.

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S'adressant à une foule de manifestants à Doha, au Qatar, le chef du Hamas, Ismaël Haniyeh, a déclaré samedi que Jérusalem est la lutte principale. « Les sionistes pensaient (...) qu'ils pouvaient démolir la mosquée al-Aqsa. Ils pensaient qu'ils pouvaient déplacer notre peuple à Sheikh Jarrah », a-t-il déclaré. « Je dis à Netanyahu : ne jouez pas avec le feu », a-t-il poursuivi, au milieu des acclamations de la foule. « Le titre de cette bataille aujourd'hui, le titre de la guerre, et le titre de l'intifada, c'est Jérusalem, Jérusalem, Jérusalem », a ajouté Ismaël Haniyeh, utilisant le terme arabe pour « soulèvement ». Ismaël Haniyeh a demandé à tous de ne pas avoir « peur pour Gaza ». « La résistance est là », a-t-il dit.

C’est un discours d’unité pour les Palestiniens, ceux de Cisjordanie occupée, ceux de Jérusalem, des villes palestiniennes d’Israël, mais aussi ceux des camps de réfugiés du Liban et de la Jordanie.

Si la rhétorique n’est pas nouvelle, le timing, lui, est important, notamment face à l’absence totale de Mahmoud Abbas. Hier, au checkpoint de Ramallah, des manifestants le soulignaient, précisant que l’Autorité palestinienne est exclue, qu’elle ignore tout ce qui se passe.

Un jeune palestinien nous disait : « À Gaza, ils ont répondu, certes en instrumentalisant la violence, mais ne pas répondre c’est une honte ».

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