Présidentielle en Iran: vers un fort taux d’abstention

Face au rejet des candidatures de trois poids lourds de la scène politique iranienne, le principal candidat conservateur, l'ayatollah Ebrahim Raissi, chef de la Justice, a affirmé lui-même qu'il menait des consultations pour tenter d'obtenir la qualification de certains candidats pour que l'élection soit plus compétitive.
Face au rejet des candidatures de trois poids lourds de la scène politique iranienne, le principal candidat conservateur, l'ayatollah Ebrahim Raissi, chef de la Justice, a affirmé lui-même qu'il menait des consultations pour tenter d'obtenir la qualification de certains candidats pour que l'élection soit plus compétitive. AFP - HO

Le Conseil des gardiens de la Constitution a rejeté la candidature de trois poids lourds de la scène politique, le conservateur modéré Ali Larijani (ex-président du Parlement pendant douze ans), le réformateur Es-Hagh Jahanguiri, qui occupe le poste de premier vice-président et de l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad.

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Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

La décision du Conseil a provoqué un véritable choc. Le principal candidat conservateur, l'ayatollah Ebrahim Raissi, chef de la Justice, a affirmé lui-même qu'il menait des consultations pour tenter d'obtenir la qualification de certains candidats pour que l'élection soit plus compétitive.

En effet, non seulement l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad, populaire dans les classes défavorisées, a été disqualifié, mais avec la disqualification du conservateur modéré Ali Larijani et du réformateur Es-Hagh Jahanguiri, les groupes modérés ne disposent d'aucun candidat. 

Ebrahim Raissi est souvent cité comme le potentiel guide suprême en succession à Ali Khamenei; or pour devenir pour devenir guide suprême en Iran ce n’est pas une obligation légale, mais c’est toujours préférable d’avoir remporté un scrutin présidentiel

Vincent Eiffling, chercheur (CERI/Université de Louvain): «Ebrahim Raissi élu président, serait le futur dauphin du guide suprême Ali Khameney»

Vers un fort taux d'abstention 

Plusieurs sondages prévoyaient déjà une forte abstention à cause de la situation économique et l'inflation qui dépasse les 50%. De nombreux électeurs disent ne pas vouloir voter, comme Behzad, un retraité de 56 ans qui doit faire le taxi pour faire vivre sa famille notamment son fils au chômage.

« Pour dire la vérité, non, je ne voterai pas. Parce que la vie a été complètement chamboulée ces huit dernières années. Nous avons subi une forte inflation et pourtant je suis un ancien combattant. Le résultat de tous ces efforts ne doit pas être autant de difficultés. Ça m'étonnerait que les gens aillent voter. »

Ebrahim Raissi, l'incorruptible 

De nombreuses personnes interrogées ne cachent pas leur colère en affirmant qu'aucun des candidats ne pourra améliorer la situation. Mais d'autres comme Seyed Mehdi, un retraité de 70 ans, gardent espoir : « Je voterai pour Raissi parce qu'il est déterminé et ne lâche pas prise et corrige les choses. »

Ebrahim Raissi a une assez bonne image en Iran aussi, même parmi les personnes du centre et des modérés, car il a la réputation d’être incorruptible dans un système qui est rongé par la corruption

Vincent Eiffling, chercheur (CERI/Université de Louvain): «Ebrahim Raissi peut séduire l'électorat mais une surprise est toujours possible»

La participation est un enjeu crucial de cette élection. Lors des législatives de 2020, l'abstention avait atteint les 56%. Ce qui pourrait se produire de nouveau.

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