L'exploitation des mercenaires syriens mise en lumière dans un rapport d'ONG

En Libye, la Turquie a envoyé des milliers de combattants de factions de l'Armée nationale syrienne (ANS) pour appuyer le Gouvernement d'union nationale (GNA).
En Libye, la Turquie a envoyé des milliers de combattants de factions de l'Armée nationale syrienne (ANS) pour appuyer le Gouvernement d'union nationale (GNA). AP - Hazem Ahmed

Ravagée par une décennie de guerre, la Syrie est devenue le terrain de recrutement de mercenaires, acheminés sur d'autres terrains de conflits. Un rapport publié par plusieurs ONG permet de mieux comprendre ces filières de recrutement et surtout révèle que ces combattants syriens ont bien souvent été exploités.

Publicité

Libye, Haut-Karabakh... La présence de combattants syriens sur des terrains de conflits extérieurs a été confirmée ces dernières années. Un récent rapport consacré à ces mercenaires syriens montre que c'est la pauvreté des populations syriennes – et particulièrement des déplacés –qui a conduit des milliers d'hommes à s'enrôler dans des bataillons de mercenaires. 

« Ces mercenaires syriens étaient des Syriens très pauvres, venus principalement du nord-ouest partiellement occupé par la Turquie ou de régions contrôlées par le régime syrien, pour ceux qui ont été recrutés par la Russie, explique Gabriel Young, du Syria Justice and Acountability Center, l'une des ONG à l'origine de ce rapport. Dans les deux cas, ils sont venus de régions où l'on vit parfois avec moins d'un dollar par jour. »

Et ces mercenaires n'ont pas toujours perçu les sommes qui leur avaient été annoncées. « On leur avait promis des salaires pouvant aller de 1 500 à 2 500 dollars par mois, ce qui représente une fortune aujourd'hui dans une Syrie plongée dans une crise économique terrible. Et nous avons régulièrement entendu des plaintes pour des salaires non versés, principalement chez les mercenaires recrutés par la Turquie », poursuit Gabriel Young. Le rapport parle d'un « vol systématique » des salaires qui a souvent profité aux chefs des groupes armés syriens auxquels appartiennent les mercenaires.

En Libye, la Turquie a envoyé des milliers de combattants de factions de l'Armée nationale syrienne (ANS) pour appuyer le Gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli, face à une offensive de l'homme fort de l'Est, le maréchal Khalifa Haftar, soutenu par la Russie. Selon les ONG, d'anciens soldats et miliciens syriens ont été recrutés par des groupes privés russes comme Wagner pour combattre aux côtés du maréchal.

À lire aussi : Des mercenaires syriens envoyés par la Turquie présents en Libye

Des mercenaires syriens pro-russes ont également été déployés dans le Haut-Karabakh pour soutenir les forces arméniennes face aux forces azerbaïdjanaises, soutenues par Ankara. La Turquie est accusée d'y avoir envoyé des combattants syriens du nord-ouest, ce qu'elle dément.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail