Liban: les manifestants bloquent des routes contre la pénurie de carburants et médicaments

Le Liban fait désormais face à des pénuries de carburant et de produits pharmaceutiques. Ici, des véhicules font la queue pour se fournir en essence, dans une station de Beyrouth, le 11 juin 2021.
Le Liban fait désormais face à des pénuries de carburant et de produits pharmaceutiques. Ici, des véhicules font la queue pour se fournir en essence, dans une station de Beyrouth, le 11 juin 2021. AFP - ANWAR AMRO

Les manifestants libanais ont bloqué des routes vendredi 11 juin dans tout le pays pour protester contre les pénuries de carburant et de produits pharmaceutiques. Alors que le pays vit la pire crise économique depuis des décennies, les Libanais subissent une aggravation brutale des conditions de vie.

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Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Les pénuries ont plongé le Liban dans le chaos, affectant presque tous les secteurs économiques. Devant les rares stations-service ouvertes ce vendredi 11 juin, des files de voitures s’étendaient parfois sur plusieurs kilomètres. Après des heures d’attente, le client avait droit à 10 litres seulement. De violentes altercations ont eu lieu devant des stations-service sous les yeux de policiers débordés.

Pénurie également dans le secteur pharmaceutique : de nombreux médicaments et le lait pour nourrisson sont introuvables. Les pharmacies étaient en grève ce vendredi pour protester contre l’incapacité de répondre aux besoins des clients.

De nombreux hôpitaux ont même annoncé la suspension des services de dialyse si le marché n’était pas approvisionné dans les prochains jours.

Pendant ce temps, la monnaie nationale a poursuivi son plongeon, s’échangeant à 15 000 livres pour un dollar au marché noir.

Excédés par la dégradation sans précédent des conditions de vie, des groupes de manifestants en colère ont fermé des routes dans tout le Liban. L’autoroute côtière reliant Beyrouth au nord et au sud du pays a été coupée à l’aide de pneus enflammés ou de blocs de pierres, avec la même scène se répétant à l’intérieur de la capitale et dans la plaine orientale de la Bekaa.

Dépassés par les événements, les dirigeants politiques, le gouverneur de la Banque du Liban et les importateurs échangeaient des accusations sur la responsabilité de la crise.

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