Israël: Naftali Bennett devient Premier ministre, Netanyahu écarté

Naftali Bennett à la Knesset, à Jérusalem le 13 juin 2021.
Naftali Bennett à la Knesset, à Jérusalem le 13 juin 2021. REUTERS - RONEN ZVULUN

Le Parlement israélien a voté dimanche soir 13 juin la confiance au gouvernement du nouveau Premier ministre Naftali Bennett, qui succède à Benyamin Netanyahu, au pouvoir depuis douze ans.

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Soixante députés ont voté pour la nouvelle coalition, 59 contre. Un député de la liste Ra’am s’est abstenu, comme il avait menacé de le faire, ce qui veut dire que le nouveau gouvernement va obtenir la majorité relative et non pas absolue, rapporte notre correspondant en direct de la Knesset à Jérusalem, Michel Paul. C’est un détail qui n’échappe pas à l’opposition. Un départ un peu bancal pour la nouvelle coalition.

« Un gouvernement qui prend la route avec 60 voix contre 59, on n’a jamais vu ça en Israël, a commenté l’ex-ministre Tsahi Hanegbi, un des dirigeants du Likoud, le parti de Benyamin Netanyahu. Et le destin d’un gouvernement de minorité est connu d’avance. Nous allons nous battre dans la rue, sur les places et dans les médias contre une politique que nous n’acceptons pas. »

Mais le travailliste Nachman Shay, désormais ministre de la Diaspora se veut optimiste. « Je crois qu’il ne faudra pas nous mesurer avec un chronomètre à la main. Nous allons réussir, nous allons gouverner. Il y aura des querelles. Mais c’est comme dans les mariages. Il y a des compromis, il y a des conciliations et en attendant on continue de travailler. »

C'est, en tout cas, la fin du règne de Benyamin Netanyahu.

Sur les 119 députés (sur 120 au Parlement), 60 ont donc voté en faveur de la nouvelle coalition, qui va de la droite à la gauche, en passant par l'appui d'un parti arabe. Cinquante-neuf députés, principalement du parti Likoud de M. Netanyahu, de l'extrême droite et des partis ultra-orthodoxes, s'y sont opposés. 

Dans la foulée, chaque membre du 36e gouvernement israélien a prêté serment à la tribune de la Knesset, à commencer par Naftali Bennett. Pour ce dernier, la création de ce nouveau gouvernement équivaut à un véritable miracle. « Des jours nouveaux nous attendent, a-t-il dit, nous devons faire nos preuves. »

Le Likoud de Benyamin Netanyahu avait terminé en première place au scrutin de mars dernier, sans toutefois rallier une majorité de 61 députés pour former un gouvernement. Devant l'impasse, le président Reuven Rivlin avait demandé au chef alors de l'opposition Yaïr Lapid, de tenter sa chance.

Et ce dernier a réussi in extremis début juin à réunir une majorité en formant une coalition réunissant deux partis de gauche, deux de centre, trois de droite et - fait rarissime dans l'histoire israélienne - un parti arabe, la formation Ra'am de l'islamiste modéré Mansour Abbas.

Visage masqué, le Premier ministre sortant Benyamin Netanyahu, qui devient chef de l'opposition, s'est levé de son siège pour aller serrer la main de son successeur avant de se rasseoir puis de quitter le Parlement.

Un moment sans précédent dans l’histoire parlementaire 

Auparavant, la première étape dans le changement de pouvoir en Israël a été l'élection au poste de président de la Knesset d'un député du parti Bleu Blanc, ancien chef de la police de Jérusalem. Les deux présidents du Parlement, le sortant et le nouveau, se sont embrassés. Cela change beaucoup par rapport à ce qui s’est passé ce dimanche après-midi à la Knesset.

Le Parlement israélien a connu un moment sans précédent dans l’histoire parlementaire : le nouveau Premier ministre a présenté les grands lignes politiques de son gouvernement, mais son discours a été ponctué d’interpellations de députés de la majorité sortante, à tel point que plusieurs députés ont dû être expulsés de l’hémicycle pour permettre au chef de file du parti Yamina de terminer tant bien que mal son discours. 

Netanyahu lui aussi s’en est pris à celui qui lui succède : « Comment faire confiance à un homme qui est responsable de l’arnaque électorale du siècle », s’est-il écrié. Et le Premier ministre sortant a affirmé : « Nous serons une fois de plus de retour ». Il le promet, mais il est maintenant bien campé dans son nouveau rôle. Bibi Netanyahu est maintenant le chef de l’opposition.

Le première épreuve qui attend le gouvernement est une marche de nationalistes juifs dans la vieille ville de Jérusalem ce mardi.

► À écouter aussi : Accord de coalition en Israël: «Des idées très divergentes, mais la volonté de s'occuper du quotidien des Israéliens»

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