Reportage

«Marche des drapeaux» à Jérusalem: «Nous sommes là pour le dire: on est chez nous»

La «Marche des drapeaux» près de la porte de Damas, juste à l'extérieur de la Vieille ville de Jérusalem, le 15 juin 2021.
La «Marche des drapeaux» près de la porte de Damas, juste à l'extérieur de la Vieille ville de Jérusalem, le 15 juin 2021. REUTERS - AMMAR AWAD

La « Marche des drapeaux » a bien eu lieu mardi soir à Jérusalem. Plus d’un millier de juifs ultranationalistes et d’extrême droite notamment ont défilé pour réaffirmer la souveraineté de l’État hébreu sur la Ville sainte. Sous bonne garde, ils se sont même rassemblés porte de Damas, à l’entrée du quartier musulman de la Vieille ville, annexée par Israël en 1967.

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Avec notre correspondant à Jérusalem,  Sami Boukhelifa

Drapeaux israéliens à la main, une vague bleu et blanc déferle sur la Vieille ville. Accompagnée de sa fille, Danielle est venue marquer son territoire. Chaque année, les Palestiniens vivent ce rassemblement comme une provocation. Peu importe, pour cette Franco-Israélienne, ils n’ont pas leur mot à dire.

« On est chez nous, on est chez nous, clame-t-elle. On les accepte parce qu’ils sont nés ici. Tant qu’ils ne bougent pas, tant qu’ils sont gentils, on les accepte. Mais nous sommes les maîtres de maison. Nous sommes là pour le dire : on est chez nous. »

Des chants, des danses sous les fenêtres des Palestiniens cloîtrés chez eux, impuissants. Mais Noam, 24 ans tient à rassurer, lui ne vient pas porter un message de haine.

« Moi, à titre personnel, je ne viens pas provoquer, affirme-t-il. Je viens montrer mon attachement à Jérusalem. Jérusalem, c'est une capitale qui est unifiée. On est un peuple qui ne provoque personne. Tout le reste, c’est un débat géopolitique qui ne nous regarde pas. Et évidemment que la paix est possible, elle est même nécessaire. Il n’y a aucune provocation, ce sont juste des gens qui défilent avec un drapeau, ce sont des gens pacifiques qui ne demandent qu’à vivre en paix. »

Pourtant certains manifestants ont bien scandé « mort aux arabes ». Pour le Premier ministre par alternance Yaïr Lapid, ces gens sont une « honte pour le peuple d’Israël ».

Plus tôt dans la journée, la police israélienne avait bouclé le secteur et chassé de force la majorité des Palestiniens qui s’y trouvaient.

À écouter aussi : Les Palestiniens, citoyens d'Israël en quête de reconnaissance

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