Reportage

Journée mondiale des réfugiés: les Palestiniens dans l’impasse

Dans le camp de réfugiés de Balata à l'est de Naplouse en Cisjordanie occupée, le 8 avril 2021.
Dans le camp de réfugiés de Balata à l'est de Naplouse en Cisjordanie occupée, le 8 avril 2021. AFP - JAAFAR ASHTIYEH

C’est la Journée mondiale des réfugiés ce dimanche 20 juin, et en Palestine, leur situation est dans l’impasse face à l’absence continue de réponse face à un éventuel droit au retour. Ces réfugiés palestiniens sont toux ceux qui vivaient dans la Palestine de 1948, avant la création de l’État d’Israël, et qui ont été expulsés lors de ce que l’on appelle la « Nakba », le déplacement forcé de 800 000 Palestiniens par les forces armées israéliennes. La majorité d’entre eux vivent en Cisjordanie occupée et à Gaza ou dans les pays voisins comme le Liban, la Jordanie, la Syrie, attendant leur droit au retour, adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU, mais qui demeure néanmoins interdit par Israël. Sur place, les Palestiniens n’oublient pas et attendent, estiment qu’il vaut « mieux tard que jamais ».

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Avec notre envoyée spéciale dans le camp de Balata, au nord de la Cisjordanie occupée, Alice Froussard

Le camp de réfugié de Balata, près de Naplouse, est l’un des camps les plus denses de la Cisjordanie occupée : 27 000 personnes sur 0,25km2. Les ruelles sont étroites, les voitures et la lumière s’y engouffrent à peine.

Ahmad, 28 ans, vit ici. Ses grands-parents, originaires de Jaffa, ont été déplacés de force lors de la Nakba en 1948, lors de la création de l’État d’Israël. La vie n’est pas facile, tout comme l’intégration compliquée à la ville voisine, la violence est souvent présente. Ahmad le dit, il pourrait techniquement vivre hors du camp. « Mais si on abandonne le camp de réfugiés, ça veut dire qu’on abandonne nos principes et notre droit au retour, analyse-t-il. Mais on espère toujours qu’on ira vivre ailleurs. On espère retourner à Jaffa, sur notre terre, là où mon grand-père est né. Si moi je n’y retourne pas, peut être que mon fils le pourra. Ou peut-être mon petit-fils. Mais quelqu’un de ma famille. C’est ça l’idée. »

Un sentiment de profonde injustice

Comme lui, la plupart des réfugiés palestiniens n’ont jamais vu le village de leurs origines ou la maison familiale dont ils gardent précieusement les clés, désormais dans les frontières d’Israël, où ils n’ont pas le droit d’aller à moins de demander un permis, souvent refusé. Une profonde injustice, estime Mais, Palestinienne de 55 ans : « En tant que Palestinienne, mon fils a seulement 18 ans, et il ne peut pas aller visiter Jérusalem. La mer est à une demi-heure d’ici, mais quand il veut aller nager, il n’y a pas de plage, il n’y a rien. Pourquoi ? Juste car on est Palestiniens. »

Tous le précisent : ils racontent ces histoires de générations en générations, espérant un jour, pouvoir avoir droit à leur retour. Fin 2020, les agences des Nations unies comptent 5 629 829 réfugiés palestiniens enregistrés.

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