Manifestations en Iran: le guide suprême appelle à ne pas faire le jeu de «l'ennemi»

L'ayatollah Ali Khamenei, ici ce vendredi 23 juillet à Téhéran, a critiqué la gestion des problèmes de l'eau par le gouvernement.
L'ayatollah Ali Khamenei, ici ce vendredi 23 juillet à Téhéran, a critiqué la gestion des problèmes de l'eau par le gouvernement. AP

Huit jours après le début des manifestations dans la province du Khouzestan contre la pénurie d'eau, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, visé directement par certains manifestants, est intervenu pour justifier les protestations tout en affirmant qu'il ne fallait pas tomber dans le piège des ennemis.

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C'est la première fois que le numéro un iranien intervient depuis le début des manifestations au Khouzestan, qui ont fait plusieurs morts selon les médias iraniens. L'ayatollah Khamenei a critiqué la gestion des problèmes de l'eau par le gouvernement, qui a provoqué une crise grave dans cette région riche en pétrole et qui était l'un des greniers du pays.

« Les gens ont exprimé leur mécontentement. On ne peut rien leur reprocher. Le problème de l'eau n'est pas un problème mineur, en particulier dans le climat particulier du Khouzestan. Mais les gens doivent faire attention, car l'ennemi veut utiliser le moindre petit problème contre le pays, contre la révolution, contre la République islamique », a averti le guide suprême iranien. Mais « l'ennemi cherche à tout utiliser contre la Révolution (iranienne), le pays et les intérêts du peuple, il faut donc veiller à ne pas lui donner un prétexte », a-t-il lancé à l'adresse des habitants de la province, sans préciser de quel « ennemi » il s'agissait.

Les manifestants dénoncent depuis une semaine la pénurie d'eau potable et de l'eau pour l'agriculture et le bétail, rappelle notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. Selon les médias, 700 villages et 25 villes sont affectés. La sécheresse sans précédent depuis 50 ans et des barrages construits en amont depuis trois décennies qui retiennent l'eau ont asséché les rivières dans la province, qui compte une importante minorité arabe.

Ces derniers jours, certains responsables et médias ont accusé des groupes séparatistes arabes de vouloir exploiter le mécontentement contre le pouvoir. Les autorités ont mobilisé des camions citernes et ouverts les vannes des barrages pour apporter de l'eau et calmer la population. Mais selon les experts, le problème ne pourra pas être réglés de sitôt.

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