La Turquie craint un afflux de migrants afghans et renforce sa frontière avec l'Iran

La Turquie craint une vague de migrants en provenance de l'Afghanistan actuellement déstabilisé par le retour des talibans (Image d'illustration).
La Turquie craint une vague de migrants en provenance de l'Afghanistan actuellement déstabilisé par le retour des talibans (Image d'illustration). © BULENT KILIC/AFP

Avec l’accélération du retrait des troupes américaines et les combats avec les talibans, de plus en plus d’Afghans tentent de fuir leur pays. La Turquie n’est pas un pays voisin de l’Afghanistan, mais elle est une étape via le territoire iranien, et de plus en plus souvent, la destination de ces exilés afghans. Les autorités d’Ankara renforcent donc leur frontière avec l'Iran dans la crainte d'un afflux.

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Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Les autorités turques assurent ne pas enregistrer d’augmentation particulière du nombre de passages à leur frontière avec l’Iran… 55 000 arrestations depuis le début de l’année, contre 105 000 en 2020, selon le préfet de Van, la principale province d’entrée des réfugiés afghans. Mais la crainte d’un afflux est là et la Turquie renforce sa frontière.

Construction d'un mur de 295 kilomètres de long

Un mur de béton de trois mètres de haut est en cours de construction. À terme, il sera long de 295 kilomètres. Le mur sera doublé de barbelés et d’une large tranchée – dont 110 kilomètres ont déjà été creusés – et jalonné d’une centaine de tours d’observation.

Le ministre de la Défense a par ailleurs annoncé le déploiement de troupes supplémentaires pour tenter de limiter les passages.

La Turquie, qui accueille déjà 4 millions de Syriens et des centaines de milliers d’Afghans, fait aussi savoir à l’Europe qu’elle n’est pas en mesure de gérer un nouvel afflux.

« La Turquie ne sera ni le garde-frontière, ni le camp de réfugiés de l’Union européenne », a affirmé cette semaine le ministère des Affaires étrangères. Une mise en garde en réponse au chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui avait estimé que la Turquie était l’une des mieux placées pour accueillir les réfugiés afghans.

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