Covid-19: le variant Delta pousse au durcissement des mesures dans le monde

Une personne de plus de 60 ans se fait injecter une troisième dose de vaccin Pfizer-BioNTech à Tel-Aviv le 30 juillet 2021.
Une personne de plus de 60 ans se fait injecter une troisième dose de vaccin Pfizer-BioNTech à Tel-Aviv le 30 juillet 2021. AFP - EMMANUEL DUNAND

L'épidémie continue de prendre de l'ampleur à travers le monde, notamment en raison du variant Delta qui serait aussi contagieux que la varicelle. Face à cette augmentation des cas, certains pays ont à nouveau renforcé les restrictions sanitaires.

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Reconfinements locaux en Chine, soldats mobilisés en Australie, prolongation de l'état d'urgence au Japon... L'insouciance estivale semble avoir fait long feu. Et de nombreux pays ont déjà remis en place ou étendu les mesures sanitaires pour tenter d'endiguer la propagation du variant Delta.

Aussi contagieux que la varicelle

Des informations venues des États-Unis ont de quoi inquiéter. Selon des documents officiels circulant en interne au sein des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), la principale agence sanitaire des États-Unis, et révélés par le Washington Post, le variant Delta du Covid-19 est aussi contagieux que la varicelle, il a probablement des effets plus graves que ses prédécesseurs et les personnes contaminées semblent autant le transmettre qu'elles soient vaccinées ou non.

Selon l'agence américaine de prévention des maladies,  les responsables doivent « reconnaître que la guerre a changé » et qu'il faut maintenant « améliorer la communication autour du risque de contamination chez les vaccinés ». Une personne contaminée par cette souche le transmettrait, en moyenne, à huit autres, quelle soit vaccinée ou pas. Le président Joe Biden semble en être bien conscient. Il a laissé entendre ce vendredi que les Américains devraient s'attendre prochainement à de nouvelles restrictions. 

De leurs côtés, deux gros employeurs américains ont pris de nouvelles mesures. Walmart demande à tous ses collaborateurs de remettre le masque dans les zones les plus touchées par le virus. Et pour encourager ses salariés à se faire vacciner, le géant de la grande distribution a doublé sa prime à la vaccination : jusqu'à 150 dollars.

Tandis que Disney a rendu le vaccin obligatoire pour tous ses employés. Ces annonces suivent de près celle des géants de la tech. Ce jeudi, Google, Facebook et Uber avaient eux aussi annoncé que tous leurs employés en présentiel devraient se faire vacciner. 

Une troisième dose autorisée en Israël

Israël, qui avait entamé très tôt une campagne de vaccination massive et pensait sa population immunisée, a réinstauré le 29 juillet le passe sanitaire dans les lieux accueillant plus de 100 personnes en plus d’une campagne de vaccination complémentaire. Et face à une augmentation des cas sur son territoire, le gouvernement israélien a lancé vendredi 30 juillet une campagne d'injection d'une troisième dose de vaccin pour les personnes de plus de 60 ans. Le nouveau président Isaac Herzog et son épouse Michal ont voulu montrer l'exemple en se faisant administrer en premier une troisième dose du vaccin Pfizer-BioNTech à l'hôpital Sheba, dans la banlieue de Tel-Aviv.

Mais pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce type de décision est contre-productif. Pour le docteur Mike Ryan, chargé des situations d'urgence au sein de l'OMS, le variant Delta doit servir d'alerte et inciter les pays à travailler de concert : « Le virus est devenu plus agressif, plus rapide. Cela ne change pas notre plan d'action, mais nous devons le mettre en place de manière beaucoup plus efficace que nous ne l'avons jamais fait. Il n'y a pas de solutions magiques, pas de poudre magique. La seule poudre magique que nous ayons est le vaccin. » Pour ce médecin, le problème réside dans la répartition du vaccin dans le monde qui n’est pas faite de manière équitable et selon lui « on se tire une balle dans le pied ».

► À écouter aussi : Covid-19: le fossé vaccinal se creuse

« Delta est un avertissement, qui nous dit que le virus évolue mais c'est aussi un appel à agir, à faire quelque chose avant que des formes plus dangereuses de variants ne fassent leur apparition », a résumé le docteur Mike Ryan, le chargé des situations d'urgence au sein de l'OMS lors d'une réunion de l'organisation à Genève le vendredi 30 juillet.

L’OMS met en garde face à des variants encore plus dangereux

Le Japon n'a pas attendu cette mise en garde pour étendre l'état d'urgence face à la propagation du Covid-19. Il est prolongé à Tokyo, qui accueille actuellement les Jeux olympiques, et désormais aussi appliqué à trois autres départements. Aux Philippines, la région de Manille, la capitale, s'apprête à être reconfinée.

La Chine, le premier pays à avoir jugulé l'épidémie en 2020, voit sa politique du « zéro Covid » menacée. Un nouveau foyer parti de Nanjing, dans l'est, se propage dans cinq provinces et à Pékin, une première en six mois. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont à nouveau été confinées dans cette région et dans la capitale chinoise.

En Australie, 300 militaires ont été envoyés en renfort à Sydney pour y faire respecter le confinement, qui en est à sa cinquième semaine et a été prolongé d'un mois, jusqu'au 28 août. À Brisbane, la troisième ville d'Australie, et dans certaines parties de l'État du Queensland, un confinement strict a été décrété.

Nouveau tour de vis aussi en Europe

En Europe, où de nombreux pays font face à une quatrième vague, l'heure est aussi au tour de vis. Le couvre-feu a été prolongé à Barcelone, dans le nord-est de l'Espagne, et la France a ordonné le reconfinement à partir de ce week-end des îles de La Réunion et de la Martinique, où la situation est jugée « dramatique ». En Polynésie française aussi, les autorités ont annoncé le retour des restrictions lors d'une allocution vendredi soir à Papeete.

L'Allemagne va pour sa part généraliser dès dimanche l'obligation pour les voyageurs de présenter un certificat de vaccination ou un test PCR ou antigénique à leur entrée sur son territoire. Quant au Royaume-Uni, le coronavirus a continué d'y progresser la semaine dernière, a révélé une étude de l'Office national des statistiques, ce qui contraste avec la baisse du nombre des cas enregistrés quotidiennement par les services de santé.

(Avec AFP)

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