Nucléaire: l'AIEA parvient à un accord avec l'Iran sur le matériel de surveillance

Le chef de l’AIEA, Rafael Grossi, qui se trouve à Téhéran, a annoncé avoir trouvé ce dimanche un accord avec l'Iran au sujet du matériel de surveillance du programme nucléaire.
Le chef de l’AIEA, Rafael Grossi, qui se trouve à Téhéran, a annoncé avoir trouvé ce dimanche un accord avec l'Iran au sujet du matériel de surveillance du programme nucléaire. AFP - ALEX HALADA

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dont le chef Rafael Grossi se trouvait à Téhéran ce dimanche 12 septembre, a annoncé sur place avoir trouvé un accord avec l'Iran au sujet du matériel de surveillance du programme nucléaire, quelques jours après avoir dénoncé un manque de coopération de la République islamique.

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L'Iran semble avoir fait un demi-pas en direction de l'AIEA, analyse notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. Le nouveau chef du programme nucléaire du pays a qualifié de positives les discussions qu'il a eues avec Rafael Grossi. Il a ajouté qu'elles allaient se poursuivre et que le directeur général de l'agence onusienne devait revenir à Téhéran pour de nouvelles discussions.

« Les inspecteurs de l'AIEA ont l'autorisation d'intervenir pour entretenir l'équipement et remplacer les disques durs », a indiqué le « gendarme du nucléaire », dans un communiqué commun avec l'Organisation iranienne de l'énergie atomique.

Cela devrait permettre, toujours, d'enregistrer les activités menées dans ces sites, mais l'AIEA n'aura, toujours pas, accès aux données des caméras. En février, Téhéran s'était engagé à les fournir à terme, en cas de succès des pourparlers pour sauver l'accord international de 2015.

«Il y a toujours des chances pour que les États-Unis reviennent dans l'accord de 2015. Politiquement, c'est très important»

Thierry Coville s'exprime sur l'accord trouvé entre l'AIEA et Téhéran le 12 septembre 2021

Assurer la coopération et la confiance mutuelles

Rafael Grossi, qui effectue son deuxième voyage en Iran cette année, s'assure ainsi d'une continuité dans la surveillance du programme nucléaire iranien. L'AIEA craignait en effet de perdre des données en cas de saturation de la capacité d'enregistrement des outils.

Le diplomate reviendra à Téhéran « dans un futur proche pour des consultations de haut niveau », précise le communiqué, qui insiste sur « la coopération et la confiance mutuelles des deux parties ». Il a déclaré que cet accord « donne du temps à la diplomatie » mais qu'il ne saurait s'agir d'une « solution permanente ». Rafael Grossi a également souligné que désormais, « (nous) pourrons conserver toutes les informations nécessaires pour maintenir une continuité » dans la surveillance jusqu'à ce que les pourparlers de Vienne aboutissent.

Cette visite intervient quelques jours après la remise d'un rapport de l'agence onusienne du nucléaire accusant l'Iran de manque de coopération, et avant une réunion à partir de lundi du Conseil des gouverneurs de l'AIEA. En vertu d'une loi votée en décembre par son Parlement, l'Iran a restreint en février l'accès des inspecteurs de l'organisation à certaines de ses installations nucléaires.

Un compromis avait été négocié pour garantir un certain degré de surveillance, mais il a expiré en juin.

Redonner vie à l'accord de Vienne

Ce nouvel arrangement offre un sursis aux grandes puissances, qui tentent de ressusciter l'accord de Vienne, torpillé en 2018 par la décision de l'ex-président américain Donald Trump de s'en retirer et de rétablir les sanctions américaines.

En riposte, l'Iran s'est affranchi de la plupart de ses engagements et poursuit ses activités nucléaires en utilisant des appareils de plus en plus modernes. Les États-Unis et les pays européens, qui ont perdu patience, ont demandé à Téhéran de revenir à la table des négociations, mais Téhéran qui se sent en position de force traîne les pieds.

Les pourparlers ont été ajournés le 20 juin, deux jours après la victoire du président iranien ultraconservateur Ebrahim Raïssi.

Une visite suivie de très près en Israël

La visite éclair de Rafael Grossi à Téhéran a été surveillée de très près en Israël, où la situation est considérée avec inquiétude, selon notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul.

« Israël fera tout pour empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires. » Phrase prononcée il y a tout juste quelques jours par le Premier ministre israélien. Tout comme son prédécesseur, Naftali Bennett accuse l’Iran de chercher à se doter de la bombe atomique en secret, et il est opposé à l’accord international sur le nucléaire iranien.

De son côté, le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a estimé que le monde devait trouver un « plan B » pour empêcher l’Iran d’acquérir l’arme atomique. Selon les experts israéliens, dans deux mois l’Iran aura acquis les matériaux nécessaires pour fabriquer une arme nucléaire. Il faudra encore quelques mois pour que les Iraniens puissent mettre au point une première bombe opérationnelle.

Israël appelle à une réponse internationale appropriée et rapide aux actions de l'Iran. Le mois dernier à Washington, le président Joe Biden avait renouvelé lors d’une rencontre avec le chef du gouvernement israélien la garantie que l’Iran ne puisse jamais développer une arme nucléaire tout en donnant la priorité à une option diplomatique.

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