Liban: les partisans du Hezbollah se réjouissent de l'arrivée de fioul iranien

Une femme jette des pétales de fleurs et du riz au passage d'un camion-citerne transportant du pétrole, à al-Ain, dans le nord-est du Liban, le 16 septembre 2021.
Une femme jette des pétales de fleurs et du riz au passage d'un camion-citerne transportant du pétrole, à al-Ain, dans le nord-est du Liban, le 16 septembre 2021. REUTERS - ISSAM ABDALLAH

Le Hezbollah a acheminé, jeudi 16 septembre, un premier convoi de camions chargés de mazout iranien « via » un point de passage frontalier informel avec la Syrie. Le puissant allié de Téhéran dit vouloir soulager les pénuries drastiques que connaît le pays du Cèdre.

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Avec notre correspondante à Beyrouth, Laure Stéphan

Dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, l’activité tourne au ralenti : l’effet de la crise et des pénuries. Des générateurs prennent parfois le relais de l’électricité étatique, absente. Ici, tout le monde se réjouit de l'arrivée de ce premier convoi de camions-citernes chargés de mazout iranien. Une opération très politique : le Hezbollah défie les États-Unis en important des carburants sous sanction. L’ennemi juré de Washington et d’Israël accuse les Américains d’avoir étranglé financièrement le Liban. 

Jeune commerçant, Jad considère que l’arrivée de mazout iranien au Liban ne va pas tout résoudre, mais il y voit une amorce de sortie de crise. « Cela ouvre la possibilité que les pays qui craignent que le Liban passe sous le contrôle de l’Iran s’impliquent et aident à leur tour le pays, estime-t-il. Ils vont peut-être réagir et aider davantage le Liban, il y aura une sorte de compétition dans l’aide. Même si, bien sûr, le Liban doit en premier lieu se secourir lui-même. »

« C’est une victoire face aux Américains et pour les Libanais »

Rokaya, partisane convaincue, tient une photo de Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah. Sur son téléphone, elle regarde des vidéos du convoi de carburant entré au Liban. « On est très contents, c’est une victoire pour nous, se réjouit-elle. Nous subissons un siège et beaucoup de pressions. Notre chef, Sayed Hassan Nasrallah, a réussi : il a fait entrer du mazout au Liban. Il veut soulager le Liban. C’est une victoire face aux Américains et pour les Libanais, même si certains ne sont pas d’accord avec cette opération. Mais tout le Liban va en profiter. Ça ne s’adresse pas en priorité aux régions chiites, mais à tout le Liban. »

D’autres habitants disent attendre de voir l’impact sur le quotidien. Le gouvernement, formé la semaine dernière, n’a pas réagi à l’arrivée de ce convoi de carburant sous sanctions américaines.

À écouter aussi : Liban : le nouveau gouvernement peut-il résoudre la crise ?

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