Liban: les droits de la communauté LGBT+ de plus en plus menacés

Des activistes arborent un drapeau de la communauté LGBT+ à Beyrouth le 27 juin 2020.
Des activistes arborent un drapeau de la communauté LGBT+ à Beyrouth le 27 juin 2020. AP - Hassan Ammar

Une manifestation prévue dimanche devant le siège du ministère de l'Intérieur à Beyrouth afin de protester contre une décision d'interdire toute activité pro-LGBTQ+ a été reportée, selon ses organisateurs.

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Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Le report de cette manifestation intervient dans un contexte d’augmentation des menaces contre la communauté LGBT+ avec l’approche de la « journée des fiertés » célébrée en juin dans le monde.

Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux a montré un groupe d’hommes se faisant appeler « les soldats de Dieu » proférant des menaces en vandalisant un immense drapeau arc-en-ciel dans le quartier chrétien d’Achrafié, à Beyrouth. La veille, le ministre de l’Intérieur a ordonné aux forces de l’ordre d’interdire toute manifestation à l’occasion de la « journée des fiertés » sous la pression de Dar al-Fatwa, la plus haute instance religieuse sunnite du Liban.

L'homosexualité reste pénalisée par la loi

Ces développements illustrent un durcissement des mesures contre la communauté LGBT+ dans un pays frappé de plein fouet par une crise économique et social, et où l’homosexualité reste pénalisée par la loi.

La première « journée des fiertés » avait été célébrée en 2017 dans une relative discrétion. Des conférences et des débats pro-LGBT avait été tolérés mais il n’y avait pas eu de marche.

Les Gay Pride de 2018 et de 2019 avaient été annulées après l'intervention des pouvoirs publics sous la pression des autorités religieuses chrétiennes et musulmanes. Depuis, les manifestations publiques pro-LGBT ont presque disparues et les membres de la communauté sont victimes de pressions sociales et religieuses.

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