Fin de visite pour Biden au Moyen-Orient, où il a tenté de réaffirmer l'influence américaine
La visite du président américain au Moyen-Orient s'est achevée ce samedi 16 juillet en Arabie saoudite par le sommet réunissant les six membres du Conseil de coopération du Golfe. L'instance regroupe le pays hôte, le Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar et les Émirats arabes unis. Trois pays clés de la région étaient invités pour l'occasion : l'Égypte, l'Irak et la Jordanie. L'occasion pour Joe Biden de présenter sa vision du Moyen-Orient pour les prochaines années.
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Le président américain Joe Biden a conclu samedi sa première tournée au Moyen-Orient après une visite très controversée en Arabie saoudite, où il a tenté de réaffirmer l'influence des Etats-Unis. Il restera surtout l'image de sa rencontre avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, dit « MBS ».
Le président a échangé un « check » du poing avec MBS, accusé par les renseignements américains d'être le commanditaire de l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Kashoggi en 2018. Joe Biden avait d'ailleurs promis de traiter le royaume en pays « paria ».
Journaliste 1 à Mohamed Ben Salmane: « Allez-vous vous excuser auprès de la famille de Jamal Khashoggi? »
— Théo Laubry 🇺🇸 (@TheoLaubry) July 15, 2022
Journaliste 2 à Joe Biden: « L’Arabie Saoudite est-elle toujours un paria? »
Silence des intéressés. pic.twitter.com/AsvxbSjbw1
Critiqué pour sa visite dans la monarchie du Golfe accusée de graves violations des droits humains, Joe Biden a affirmé que « le futur appartiendrait aux pays (...) dont les citoyens peuvent remettre en cause et critiquer leurs dirigeants sans peur de représailles ».
Réaffirmer la présence des États-Unis dans la région
Le président américain, âgé de 79 ans, avait entamé mercredi sa tournée dans la région par une visite en Israël et dans les Territoires palestiniens avant de se rendre en Arabie saoudite pour assister à un sommet réunissant à Jeddah les six membres du Conseil de coopération du Golfe et trois pays invités.
Dans un discours prononcé samedi devant un parterre de dirigeants arabes, Joe Biden a promis que son pays « ne se détournerait pas » du Moyen-Orient en laissant « un vide que pourraient remplir la Chine, la Russie ou l’Iran ».
La déclaration de Joe Biden sur la présence américaine au Moyen-Orient
Coopération timide
L'administration Biden dit vouloir promouvoir une nouvelle « vision » pour le Moyen-Orient, basée sur le dialogue et la coopération économique et militaire. Avec en toile de fond les processus de normalisation entre Israël et certains pays arabes, dans lequel Washington voudrait embarquer aussi l'Arabie saoudite, M. Biden a salué la décision « historique » de Riyad d'ouvrir son espace aérien à « tous les transporteurs », y compris israéliens.
Landed in Saudi Arabia which just opened its airspace to civilian aircraft. The press charter plane was the first to travel directly from Israel to Jeddah. pic.twitter.com/VgCAu0hdMZ
— Kelly O'Donnell (@KellyO) July 15, 2022
Peu après son départ, les Saoudiens ont néanmoins cherché à tempérer une annonce qui « n'a rien à voir avec des liens diplomatiques » avec l'État hébreu, selon le ministre des Affaires étrangères saoudien. Pour le prince Fayçal ben Farhane, il s'agit seulement « d'assurer une connexion entre les différents pays du monde » et ce n'est « en aucun cas un prélude à une quelconque étape » vers la normalisation.
Priorité au pétrole et aux aides financières
La hausse du gallon d'essence est un enjeu considérable à quelques mois des élections de mi-mandat aux États-Unis. « Je fais tout mon possible pour augmenter la production pour les États-Unis », a dit Joe Biden vendredi, assurant avoir eu des discussions fructueuses avec les Saoudiens, dont les résultats concrets se verront « dans quelques semaines ».
L'Arabie saoudite et les États-Unis ont conclu 18 accords de coopération dans des domaines très variés (spatial, finance, énergie, santé), selon un communiqué de la monarchie du Golfe. Les États-Unis ont aussi promis un milliard de dollars en soutien à la sécurité alimentaire « à court et à long terme » au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Première rencontre entre Joe Biden et Abdel Fattah al-Sissi
Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti
Les présidents américain Joe Biden et égyptien Abdel Fattah al-Sissi se sont rencontrés pour la première fois en marge du sommet américano-arabe de Riyad sur la sécurité et le développement régional. Sécurité alimentaire, énergie et coopération stratégique et militaire ont été discutés.
50 millions de dollars pour la sécurité alimentaire de l’Égypte est l’engagement pris par le président Joe Biden au terme de la rencontre avec Abdel Fattah al-Sissi. De quoi financer moins de 2 % des importations annuelles de blé nécessaires à la sécurité alimentaire de l’Égypte.
Pour Le Caire, l’engagement du président américain à soutenir l’Égypte dans ses demandes de prêts au FMI et à la Banque mondiale est nettement plus important. On se félicite aussi en Égypte de la reprise du dialogue stratégique qui avait été symboliquement affecté par l’annulation, en début d’année, de 10 % de l’aide militaire américaine à l’Égypte pour « non-respect des droits de l’homme ». On estime au Caire que « le différend » entre l’Égypte et les États-Unis est maintenant en passe d’être surmonté du fait des intérêts mutuels. Washington a récemment approuvé un contrat d’armement de 2,5 milliards de dollars à l’Égypte.
Washington a conclu un accord avec la Jordanie pour apporter au pays une assistance financière de 1,45 milliard par an, à partir de 2023 et jusqu'en 2029.
(Avec AFP)
► À écouter aussi : Bertrand Besancenot : « La visite de Biden montre un affaiblissement des États-Unis dans le Golfe »
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