Israël: des ONG dénoncent une réglementation menaçant leurs activités dans les territoires palestiniens

Le 6 août, les agences des Nations unies et plusieurs ONG ont appelé les autorités israéliennes à abroger une réglementation introduite le 9 mars qui exige des ONG qu'elles transmettent des données personnelles sensibles sur leurs employés palestiniens. Selon elles, cette exigence menace à terme toutes leurs activités humanitaires dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée.

Des camions transportant de l'aide humanitaire font la queue en attendant de passer le poste-frontière de Rafah entre l'Égypte et la bande de Gaza, mercredi 6 août 2025.
Des camions transportant de l'aide humanitaire font la queue en attendant de passer le poste-frontière de Rafah entre l'Égypte et la bande de Gaza, mercredi 6 août 2025. AP - Khaled Elfiqi
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Ces organisations « appellent les autorités israéliennes à abroger l'exigence introduite le 9 mars obligeant les ONG à partager des informations personnelles sensibles sur leurs employés palestiniens, sous peine de devoir cesser leurs opérations humanitaires dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est », selon ce texte du Humanitarian Country Team (HCT), un organe de coordination entre les Nations unies (ONU) et plus de 200 ONG.

Le HCT prévient que, sans action urgente, « les organisations humanitaires avertissent que la plupart des partenaires des ONG internationales pourraient être radiés d'ici le 9 septembre ou plus tôt, les forçant à retirer tout leur personnel international et les empêchant de fournir une assistance humanitaire essentielle et vitale aux Palestiniens », met en garde ce communiqué.

Le HCT dénonce un ensemble de « nouvelles conditions restrictives », rappelant que les ONG non enregistrées ne peuvent déjà plus envoyer de fournitures à Gaza. Selon le texte, en juillet, Israël a rejeté à plusieurs reprises les demandes de 29 ONG d'expédier de l'aide humanitaire, les jugeant « non autorisées ».

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Opérations interrompues et accès entravé à l'aide

Israël justifie cette politique. « ​​​​​​​Malheureusement, de nombreuses organisations d'aide servent de couverture pour des activités hostiles et parfois violentes, y compris des violations de frontières, du harcèlement et de l'intimidation des résidents, du harcèlement de soldats, et leur implication dans le mouvement (...) pour promouvoir les boycotts » contre Israël, détaille Amichai Chikli, ministre des Affaires de la diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme, qui affirme que celles n'ayant aucun lien avec de telles activités pourront continuer d'opérer.

Selon le HCT, « ​​​​​​​cette politique a déjà empêché la livraison d'aide essentielle incluant des médicaments, de la nourriture et des produits d'hygiène. (...) Sans cette coopération, leurs opérations seront interrompues, coupant encore davantage de communautés de l'accès à la nourriture, aux soins médicaux, aux abris et aux services de protection essentiels ».

Depuis mars, Israël impose un blocus quasi total sur Gaza, assoupli fin mai mais limitant fortement l'entrée de l'aide. L'ONU évoque une « ​​​​​​​famine généralisée » et affirme qu'au moins 1 373 Palestiniens ont été tués, la plupart par des tirs israéliens, depuis le 27 mai « ​​​​​​​alors qu'ils cherchaient de la nourriture ».

« ​​​​​​​Empêcher les ONG de participer à la réponse humanitaire collective viole les obligations d'Israël au titre du droit humanitaire international et intervient à un moment où nous recevons quotidiennement des rapports de décès par famine » à Gaza, conclut le HCT, au nom des humanitaires internationaux opérant dans les territoires palestiniens.

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