Israël / Territoires palestiniens

Gaza: le Hamas dit vouloir une trêve de 24 heures

A Gaza, la demeure du leader du Hamas et ancien Premier ministre Ismail Haniyeh a totalement été détruite après un bombardement, dans la nuit du 29 juillet 2014.
A Gaza, la demeure du leader du Hamas et ancien Premier ministre Ismail Haniyeh a totalement été détruite après un bombardement, dans la nuit du 29 juillet 2014. REUTERS/Finbarr O'Reilly
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Après 22 jours de combats, les espoirs de paix semblent s’estomper de plus en plus. L’Aïd el-Fitr a été marqué par une intensification des frappes de part et d’autre, et les attaques aériennes se sont intensifiées dans la nuit du lundi 28 au mardi 29 juillet. Dans la bande de Gaza, les bombardements ont fait au moins 28 morts depuis lundi. Côté israélien, 10 soldats sont morts dans des fusillades avec le Hamas.

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Article réactualisé régulièrement,

■ Actualisation : 29/07 -  5 h 05  : Déclaration du Guide suprême iranien appelant à armer les Palestiniens.

■ 29/07 - 07h50 (TU) : Arrêt de l'unique centrale électrique de Gaza, après des bombardements.

■ 29/07 -12h41 (TU) : Le Hamas et d'autres mouvements palestiniens se disent prêts à respecter une trêve de 24 heures.

■ Le Hamas et le Jihad islamique prêts à à une trêve

 

Des mouvements palestiniens, dont le Hamas et le Jihad islamique se disent « prêts à respecter une trêve humanitaire de 24 heures », a-t-on appris de la bouche du secrétaire général de l'Organisationde libération de la Palestine Yasser Abed Rabbo. Une information qui pourrait, si elle est vérifiée, faire évoluer la situation à Gaza, après 24 heures de bombardements intensifs.

Côté israélien, aucune réaction pour le moment. Mais l'heure ne semblait jusqu'alors pas à la négociation. Dans une intervention télévisée diffusée lundi 28 juillet, le Premier ministre avait préparé sa population à un conflit s'installant dans la durée : « Nous devons nous préparer à une campagne longue, nous continuerons à agir avec force (...) jusqu'à ce que notre mission soit remplie », avait-il prévenu.

■ Au moins 28 morts au cours de la nuit

Dans la nuit de lundi à mardi, les bombardements se sont ainsi intensifiés dans la bande de Gaza, faisant au moins 28 morts. Il s’agit probablement de la nuit où les attaques ont été les plus intenses depuis le début du conflit. Selon plusieurs témoignages, cette nuit, le ciel de Gaza était clair comme en plein jour. L’armée israélienne lançant avant chacune de ses frappes des fusées éclairantes.

Une de ces frappes, qui visait une habitation du camp de réfugiés de Boureidj, a fait au moins 11 morts. L'armée israélienne a, par ailleurs, visé la demeure de l’ex-Premier ministre palestinien et leader du Hamas, Ismaïl Haniyeh, sans l’atteindre. Selon le Hamas, les locaux des chaînes de radio et de télévision al-Aksa ont également été détruits pendant la nuit.

Par ailleurs, plusieurs enfants, qui jouaient sur une aire de jeu, ont été tués dans un bombardement que l'armée israélienne récuse. Elle accuse en retour les groupes combattants palestiniens, tout comme elle rend responsable le Hamas d'un tir de missile qui a atterri à proximité de l'hôpital al-Shifa, le principal établissement de soins de la ville de Gaza.

■ Dix soldats israéliens tués lundi

Dix soldats israéliens ont été tués lundi, dont cinq au cours d'une fusillade avec des combattants palestiniens passés en Israël à partir d'un tunnel, près du kibboutz de Nahal Oz. Ces tunnels restent toujours d'ailleurs l'objectif principal de l'offensive israélienne, comme l'a rappelé une nouvelle fois le Premier ministre israélien. Par ailleurs, selon le correspondant de RFI à Jérusalem, Michel Paul, des tirs massifs de roquettes provenant de la bande de Gaza ont visé notamment Tel Aviv en plein milieu de la nuit, sans faire de victime.

Au total, plus de 1 100 Palestiniens et 53 soldats de l'armée israélienne ont été tués depuis le 8 juillet 2014, et le début de l'opération « Bordure Protectrice ». Trois civils israéliens ont également été tués par des tirs de roquettes et d’obus palestiniens.

■ La centrale électrique de Gaza à l'arrêt

L'artillerie et l'aviation israélienne ont bombardé 150 objectifs dans l'enclave palestinienne au cours des dernières heures, provoquant notamment l'arrêt de la centrale électrique de Gaza.

Depuis lundi soir, l'armée israélienne a envoyé des SMS demandant aux habitants des localités de l'est de la bande de Gaza - Shudjaya , Zeytoun et Djebalya -  de quitter leur maison, rapporte le correspondant de RFI à Ramallah, Nicolas Ropert. 400 000 personnes étaient concernées et ont dû trouver refuge dans des écoles ou chez des proches. Le nombre de déplacés dépasse aujourd'hui les 170 000, selon l'ONU.

■ L'Iran veut armer les Palestiniens, l'ONU dénonce une « faute morale »

Parmi les réactions internationales aux dernières frappes israéliennes, l’intervention télévisée d’Ali Khamenei, à l’occasion de la fin du ramadan a été particulièrement remarquée. Qualifiant l’Etat hébreu de « chien enragé », le Guide suprême iranien a dénoncé le « génocide » de la population gazaouite et appelé le monde islamique à « armer » les Palestiniens.

Depuis New York, Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations-unies, a exhorté les deux parties à « faire preuve d'humanité ». « C'est une question de volonté politique, a déclaré le secrétaire général des Nations unies, avant d'ajouter : Pourquoi ces dirigeants laissent-ils leurs populations se faire tuer par d'autres ? Ce n'est pas responsable. C'est une faute morale ».

Mahmoud Abbas a appelé à la fin du massacre de son peuple par l'armée d'occupation israélienne. Le président de l'Autorité palestinienne poursuit ses déplacements afin de trouver un compromis entre les différentes parties. Mais Benyamin Netanyahu a d'ores et déjà refusé toute implication du Qatar et de la Turquie dans un accord de sortie de crise.

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