Territoires Palestiniens / Israël

Palestine: attentat déjoué en Cisjordanie, raid aérien à Gaza

Les tirs israéliens sur Gaza, dans la nuit de samedi à dimanche, ont notamment tué une femme et sa petite fille.
Les tirs israéliens sur Gaza, dans la nuit de samedi à dimanche, ont notamment tué une femme et sa petite fille. REUTERS/Mohammed Salem

La tension ne retombe pas au Proche-Orient. Depuis une dizaine de jours, les affrontements se multiplient entre Israéliens et Palestiniens en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, mais aussi à Jérusalem-Est. Ce dimanche 11 octobre au matin, une bombe a explosé au niveau d'un check-point à l'est de Jérusalem. Son auteure a été grièvement blessée, mais l'attentat a échoué. A Gaza, après le tir de deux roquettes sur Israël, un bombardement a été lancé sur l'enclave palestinienne. Le cycle des violences a franchi un pallier.

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Selon une porte-parole de la police israélienne, un attentat suicide a été mis en échec ce dimanche 11 octobre en Cisjordanie occupée. La première attaque du genre depuis le début des violences, précise-t-elle. Si le mode opératoire est confirmé, il s'agirait même de la première attaque suicide à l'explosif commise par un Palestinien depuis 2008, relate notre correspondant à Ramallah Nicolas Ropert.

Cela s'est passé au niveau d'un check-point près de la colonie israélienne de Maalé Adoumim. Un policier a ordonné à la conductrice palestinienne d'un véhicule jugé suspect de s'arrêter, relate la porte-parole de la police. Puis, au moment où il s'approchait de cette voiture, qui roulait apparemment dans le sens de Jérusalem, la suspecte aurait crié « Dieu est grand ! » en arabe avant de faire exploser une bombe, toujours selon la porte-parole. La femme a été grièvement blessée, un policier a été légèrement atteint.

Après les attaques au couteau, un nouveau pas a donc été franchi avec cet attentat avorté à la bombe. Notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul, rapporte que le gouvernement israélien a décidé de mobiliser 13 compagnies de réservistes servant dans la police des frontières, les fameux « bérets verts », notamment des unités spéciales composées de combattants druzes. Le gouvernement pourrait prendre d’autres mesures lors du Conseil des ministres de ce dimanche matin.

A Gaza, les bombardements reprennent

L’autre élément ce dimanche, c’est le réchauffement du front Sud, la frontière avec la bande de Gaza, avec les frappes de l’aviation israélienne la nuit dernière sur le nord de l'enclave, en représailles au tir de deux roquettes sur la ville israélienne d’Ashkelon. Lancées depuis Gaza, ces roquettes ont été interceptées par le système israélien de défense Dôme de fer. En revanche, une femme enceinte et sa fille de 2 ans ont été tuées dans le bombardement israélien, après l'effondrement de leur immeuble. L'armée israélienne a confirmé avoir lancé un raid, mais assure avoir détruit des entrepôts militaires du Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza.

Depuis vendredi, des manifestations éclatent tous les jours le long de la frontière entre l'enclave palestinienne et Israël. Les forces israéliennes n'ont pas hésité à tirer, faisant au moins neuf morts. Samedi soir, des Gazaouis qui manifestaient ont par ailleurs réussi à franchir la barrière et pénétrer en territoire israélien. Ils ont finalement été refoulés. Quatre d’entre eux ont été retenus par l’armée israélienne. Toujours samedi, deux adolescents de 13 et 15 ans ont été abattus par des snipers israéliens dans les affrontements.

En Cisjordanie, les étudiants palestiniens appellent à une journée de la colère ce dimanche. Les manifestations sont quotidiennes depuis dix jours. Elles dégénèrent très souvent en affrontements avec les militaires israéliens. En fait, il y a des manifestations un peu partout : des Palestiniens manifestent, mais aussi des Arabes israéliens, des manifestants de droite. Et pour la première fois, depuis le début du cycle de violences, on voit de timides rassemblements de pacifistes à Tel-Aviv et à Jérusalem, où les parents d’élèves et la municipalité ont décidé de fermer les écoles et lycées plus tôt ce dimanche faute de gardiens armés.

Tandis que la violence se décuple, chaque camp se rejette la responsabilité. « Nous prévenons l'occupant qu'il ne doit pas poursuivre ses actes insensés », a réagi par communiqué ce dimanche un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri, après le raid israélien survenu avant l'aube. Pour rappel, le mouvement islamiste palestinien contrôle l'enclave palestinienne. Pour le Hamas, le raid aérien mené par Israël avant l'aube démontre « la volonté d'une escalade » côté israélien. Quelques signes encourageants malgré tout, avec une certaine volonté d’apaisement perceptible chez certains. Les députés arabes israéliens ont par exemple renoncé à se rendre ce dimanche sur l’esplanade des Mosquées, soucieux de calmer le jeu.

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