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Chronique des médias

La BBC, entre Brexit et Netflix

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Tony Hall , lors de son arrivée à Broadcasting House pour son premier jour en tant que nouveau directeur général de la BBC, le 2 avril 2013.
Tony Hall , lors de son arrivée à Broadcasting House pour son premier jour en tant que nouveau directeur général de la BBC, le 2 avril 2013. REUTERS / Andrew Winning

La BBC, qui s’apprête à changer de patron, traverse de nombreuses difficultés liées au Brexit et à la concurrence des plateformes de streaming vidéo.

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Promis, juré, ce n’est pas à cause du Brexit que Tony Hall lâche les rênes de la BBC. Pas parce qu’on a critiqué au sommet du pouvoir la couverture sur le sujet de la Beeb, comme on l’appelle. Pas parce le Premier ministre Boris Johnson a mis en cause la redevance qui assure l’essentiel du financement de la corporation. Pas parce que le gouvernement et les députés conservateurs ne pardonnent au groupe public un traitement qu’ils jugent partial lors des élections législatives de décembre dernier.

Non, si le patron de la BBC a annoncé sa démission à partir de cet été, c’est parce qu’il sait qu’il ne va pas pouvoir être l’homme chargé de négocier un virage en 2022, celui de la redevance, et l’entrée dans une nouvelle ère, cinq ans plus tard. Il estime plus juste que ce soit « une seule personne » qui s’occupe de ces deux étapes. Or celui qui a aujourd’hui 68 ans, et dirige la BBC depuis sept ans, se sait aujourd’hui usé. Il a permis d’éteindre l’incendie après le scandale Jimmy Saville, qui reste l’un des pires prédateurs sexuels du Royaume-Uni. Mais il peine à affronter une nouvelle ère : celle des Netflix, Amazon, Apple et Disney, cette télévision du streaming qui fait passer la vénérable BBC pour une offre bourgeoise, essentiellement londonienne.

En réalité, la BBC a lancé l’an dernier avec ITV une réplique à Netflix avec Britbox. Elle s’est développée aussi bien dans la télévision de rattrapage avec iPlayer dès 2007 que dans les podcasts. Mais le groupe a toujours beaucoup de mal à renouveler ses audiences auprès des plus jeunes, notamment en raison d’une durée d’exposition de ses programmes limitée. Les années à venir risquent d’être plus difficiles. Il lui faudra, on l’a dit, faire face à un Boris Johnson qui s’est hérissé contre l’idée d’une « taxe imposée à tous » et rêve d’un abonnement dont s’acquitteraient les seuls consommateurs de la BBC, comme pour Netflix. Et d’autre part, la BBC risque de faire les frais du Brexit si elle ne peut pas vendre ses nombreuses émissions ou séries de qualité en les faisant entrer dans les quotas de production européens.

Pour l’heure, le financement de la BBC, qui emploie 2000 journalistes, est protégé par une charte jusqu’en 2027. Mais le refus des ministres du gouvernement britannique de participer à la matinale influente de BBC 4 n’augure rien de bon. Même si un ancien député et ministre travailliste comme James Purnell est pressenti pour être choisi par le trust indépendant qui désigne le directeur général de la BBC, celui-ci devra nécessairement composer avec la réforme de la redevance.

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