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Reportage international

Législatives iraniennes: les réformateurs en difficulté

Audio 02:32
Dans une Rue de Téhéran, un homme regarde une affiche de la campagne électorale pour les législatives de ce vendredi 21 février 2020.
Dans une Rue de Téhéran, un homme regarde une affiche de la campagne électorale pour les législatives de ce vendredi 21 février 2020. WANA/Nazanin Tabatabaee via REUTERS

Les Iraniens s’apprêtent à voter vendredi, ou à boycotter pour un grand nombre. La campagne n’a pas beaucoup intéressé des citoyens accaparés par les conséquences économiques des sanctions américaines. Certains affirment ne plus avoir confiance dans la politique réformatrice proposée par le président Hassan Rohani, d’autres dénoncent l’invalidation de milliers de candidatures, pour la plupart réformatrices.

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Dans un gymnase à moitié plein, l’Alliance pour l’Iran, principale liste réformatrice de Téhéran tient son dernier meeting de campagne. Face à eux, des électeurs sceptiques qui se plaignent de la déconnexion entre le peuple et des hommes politiques en qui ils avaient placé leur espoir. Mostafa Kavakebian, député actuel et tête de liste promet du changement.

« Il ne faut pas considérer le mouvement des réformateurs comme une unité cohérente. Ceux des réformateurs qui vont réussir à entrer au parlement auront comme priorité de reconstruire la confiance perdue. Il faut que le peuple sente que leurs responsables sont à l’écoute de leurs problèmes et qu’ils prennent au sérieux les difficultés économiques. »

Un homme est venu crier sa détresse. Il affirme attendre un rendez-vous avec un responsable depuis 4 ans, sans succès. Nous ne pourrons pas l’interviewer, repoussés par les services de sécurité. Aujourd’hui les discours ne suffisent plus à convaincre un peuple qui étouffe dans une économie qui s’écroule. Ali, tient une entreprise d’import-export, aujourd’hui ses rêves d’avenir sont à l’arrêt.

« Auparavant j’ai voté pour l’élection du président Rohani uniquement dans le but de soutenir l’accord sur le nucléaire. J’étais conscient de l’impact que pouvait avoir le fait d’avoir des liens avec l’Occident. Aujourd’hui il faut trouver un moyen pour exprimer son mécontentement à l’égard du système. Ce système qui prend des décisions pour nous. Une manière est de descendre dans la rue comme ce qui s’est passé en novembre dernier, mais ça on n’en discute pas. On est arrivé à un point où on ne fait que vivre au jour le jour. Le matin, la nuit... le matin, la nuit... il n’y a aucun espoir dans l’avenir. »

La crise économique qui frappe l’Iran n’épargne personne. Parwaneh et son mari eux aussi la subissent, mais ils gardent confiance en l’avenir à condition de suivre une politique conservatrice.

« Nous vivons aujourd’hui des difficultés, mais si nous cédons aux intimidations de certains alors l’avenir du pays, de notre génération et de celle de nos enfants sera à nouveau dans la difficulté. Ça ne vaut donc pas la peine de plier. Nous préférons accepter les difficultés et que dans l’avenir, notre pays, notre patrie garde sa place dans le monde. »

C’est la fin des libéraux au pouvoir, nous prévient le mari de Parwaneh alors qu’ils s’éloignent. Si comme beaucoup le prédisent, les conservateurs remportent une nette victoire vendredi, favorisés en partie par une abstention exceptionnelle, ils pourraient être en position de force pour aborder la présidentielle de 2021.

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