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Revue de presse française

À la Une: une des batailles de la guerre contre le Covid-19

Audio 05:07
Emmanuel Macron lors d'une visite dans un Ehpad à Paris, le 6 mars 2020.
Emmanuel Macron lors d'une visite dans un Ehpad à Paris, le 6 mars 2020. Ludovic Marin / POOL / AFP
Par : Aurélien Devernoix
11 mn

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Une bataille se mène dans les maisons de retraites ou EPHAD, puisque c'est l'acronyme désormais utilisé. Et le défi est immense, relate La Croix. Plus de 2400 personnes âgées sont déjà décédées dans ces établissements et ce nombre pourrait augmenter de manière exponentielle.

Le journal donne la parole à plusieurs médecins, qui préconisent une action urgente, avec comme objectif d'éviter l'entrée du coronavirus dans les EPHAD encore épargnés, environ 2/3 du total des établissements.

La stratégie est claire : les gestes barrière bien sûr, mais surtout un dépistage massif, dirigé en particulier vers les personnels soignants, susceptibles d'introduire la maladie, mais aussi leurs proches. C'est le protocole qui a été mis en place en région Occitanie par exemple.

Car quand le covid-19 est déjà entré, il devient difficile de l'arrêter : l'article explique que les personnes âgées atteintes ne développent pas forcément tous les symptômes, cela peut se traduire par des chutes ou une incapacité à se lever, ce qui n'est inhabituel chez des seniors, ce qui est susceptible de dissimuler la présence de la maladie.

L'alerte lancée par les spécialistes voilà plusieurs semaines semble en tout cas avoir été entendue, note La Croix : « Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé le lancement d'opérations massives de dépistage dans les établissements accueillant les personnes les plus fragiles ».

Le covid-19 qui ferait également des ravages parmi les personnes en surpoids ou obèses

Le Monde se penche sur le sujet et rapporte qu'en Europe, cette catégorie « représente une proportion élevée voire très élevée des personnes admises en réanimation. »

Les médecins restent toutefois prudents sur le lien de cause à effet, mais constatent que beaucoup des patients dans un état grave cumulent surpoids, hypertension et diabète. Il s'agit essentiellement d'hommes, en moyenne âgés de 63 ans selon le Réseau européen de recherche en ventilation artificielle, créé en mars dans le cadre de l'épidémie.

Le Monde relaie par ailleurs une étude américaine faisant état d'un risque de mortalité qui s'élève parallèlement à l'indice de masse corporelle. Les personnes obèses sont notamment plus exposées aux risques d'embolie pulmonaire que peut déclencher le covid-19.

Un nutritionniste relève également que la proportion de personnes en surpoids est plus importante dans les milieux les plus défavorisés où les mesures de confinement peuvent être compliquées à respecter, en raison de logements exigus ou d'impossibilité de télétravailler.

Surpoids, diabète et pauvreté, un cocktail mortel qui fait craindre le pire pour les populations noires et hispaniques aux États Unis

Car le covid-19 fait déjà des ravages en particulier chez les Africains-Américains rapporte le New York Times. À Chicago par exemple, la moitié des cas recensés et 72% des morts sont issus de la communauté noire qui ne représente pourtant même pas un tiers des habitants de la ville. « C'est un appel à agir de manière urgente » estime la maire de Chicago, Lori Lightfoot. Mais ce qui inquiète encore davantage, c'est que toutes les classes sociales de la communauté sont concernées, le résultat selon le New York Times, d'inégalités structurelles ancestrales. Des inégalités qui se perpétuent puisque outre le fait que les Africains-Américains n'ont parfois pas d'assurance santé, des données indiqueraient selon le quotidien, qu'ils sont moins testés lorsqu'ils présentent des symptômes légers et que cela peut à la fois favoriser la contagion et entraîner des complications faute de suivi médical.

Le Monde et Mediapart se sont quant à eux rendus en Louisiane où 15 ans après l'ouragan Katrina, la crainte d'une nouvelle catastrophe liée au coronavirus est en train de monter.

« Densément peuplée, la ville de la Nouvelle Orléans est en passe de payer l'un des plus lourds tributs à la pandémie », s'inquiète Le Monde, le nombre de cas rapporté à la population talonnant celui de New York, épicentre de l'épidémie dans le pays.

La Louisiane espère toutefois capitaliser sur les leçons apprises lors de Katrina, poursuit le journal, et les habitants suivent rigoureusement les mesures de confinement édictées.

Mais ça pourrait ne pas suffire, s'alarme Mediapart, évoquant la pénurie de respirateurs : « sur les 5000 demandés au gouvernement fédéral par le gouverneur de Louisiane, seuls 150 sont arrivés ». L'Etat est parmi les mauvais élèves du pays en termes d'obésité, d'hypertension et de diabète, rappelle le site d'informations. Et plus largement, c'est tout le sud-est des Etats Unis qui est menacé : les systèmes de santé en Géorgie, en Alabama ou dans le Mississippi sont largement dégradés en particulier dans les zones rurales.

Inquiétude également en Floride, où les autorités locales ont tardé à appliquer les mesures de sécurité sanitaire. Or le Sunshine State, explique Mediapart, accueille une forte population de personnes âgées, fragiles face au covid-19.

Le peu d'entrain manifesté par Donald Trump et son gouvernement pour allouer des moyens médicaux aux zones les plus touchées, suscite également la colère, mais une bénévole d'un centre de dépistage en Louisiane n'est pas surprise « ici, on a appris à ne compter que sur nous-mêmes », en référence au fiasco du gouvernement fédéral lors de Katrina.

Et puis l'Equipe fait le portrait d'un héros du quotidien dans la lutte contre l'épidémie en France

Le rugbyman professionnel de Carcassonne Bakary Meïté a décidé de profiter de la suspension du championnat de Pro D2 pour devenir agent d'entretien dans un hôpital parisien. Le 3ème ligne franco-ivoirien rejoint 6 jours sur 7 l'hôpital Sainte Perrine pour nettoyer chambres et couloirs. « C'est difficile au quotidien », concède-t-il, « mais la démarche, elle n'a pas été difficile à faire ». « Se lever tôt pour aller bosser, c'est le quotidien de tout un tas de gens, cela a été le travail de ma mère pendant 30 ans, je n'ai pas la sensation de faire quelque chose d'extraordinaire ». Leçon d'humilité en temps de coronavirus.

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