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Revue de presse Afrique

À la Une: le non-respect du confinement par la ministre sud-africaine de la Communication

Audio 04:15
Stella Ndabeni Abrahams, ministre sud-africaine de la Communication.
Stella Ndabeni Abrahams, ministre sud-africaine de la Communication. flickr.com
Par : Aurélien Devernoix
9 mn

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« Virez-la, monsieur le président », lance The Times, après le tollé suscité par la publication sur les réseaux sociaux d'une photo de Stella Ndabeni Abrahams déjeunant avec plusieurs personnes dont l'ancien secrétaire d'Etat Mduduzi Manana.

Celui-ci a présenté des versions contradictoires, expliquant tout d'abord que la ministre s'était arrêtée chez lui après une matinée de travail, ce qui est illégal, l'Afrique du Sud ayant mis en place un confinement strict... puis l'ex-député ANC a rétropédalé en affirmant qu'elle était venue chercher des gants et des masques.

« Une débâcle » selon Le Mail and Guardian, qui a conduit le président Ramaphosa à convoquer sa ministre. Mais il faut donc aller plus loin selon la presse locale, car ce n'est pas « un sujet anodin », poursuit Mail and Guardian : « Tout le monde doit se conformer à la loi, même les politiciens […] il ne doit pas y avoir d'exceptions ». « Si vous arrêtez un couple de mariés et leurs invités », poursuit le journal, faisant référence à une information des jours précédents, « il faudrait être prêt à également arrêter une personnalité politique qui ne respecte le confinement ».

Les journaux s'interrogent également sur ce qui justifie encore la présence de Stella Ndabeni Abrahams au gouvernement, alors qu'elle a multiplié les impairs ces derniers mois. « Et elle est capable de causer encore davantage de dommages », estime le Times.

L'affaire est en tout cas embarrassante pour Cyril Ramaphosa qui hésite encore à prolonger la période de confinement dans le pays, explique ENCA.

Le président sud-africain a même du rappeler que lui se conformait bien aux règles de confinement, rapporte IOL : « Je rentre directement à la maison, je ne vais pas rendre visite à des amis ou de la famille, je rentre chez moi ».

« Après une longue période durant laquelle les leaders du pays ont agi en toute impunité », conclut le Times, « Ramaphosa avait promis un gouvernement exemplaire ne tolérant plus ce genre de comportements (…) il doit prouver que personne n'est au dessus des lois. »

L'épidémie de coronavirus qui bouleverse certaines habitudes des dirigeants africains, rebondit Aujourd'hui au Faso

Le journal burkinabé évoque « un tournant copernicien » à propos du « tabou sur l'état de santé des ministres et hauts responsables africains. »

« L'Europe étant surbookée médicalement », impossible de se rendre discrètement en France, en Grande Bretagne ou en Suisse pour se faire soigner, et « plus question de cacher sa maladie ».

Le quotidien liste les cas recensés dans le gouvernement burkinabé, 4 au dernier comptage mais aussi en Côte d'Ivoire ou en Guinée

« C’est la preuve qu’ils sont des hommes, et qu’il n’y a pas de mal à ce qu’ils tombent malades », explique Aujourd'hui au Faso, « même si sans le coronavirus, certains seraient passés à la postérité comme insensibles aux pathologies ».

Mais « l'autre leçon », grince le journal, c'est qu'étant confinés dans leur pays, les dirigeants africains sont « donc astreints à déployer tous les moyens nécessaires pour combattre la maladie ».

« Si d’aventure, certains responsables avaient eu la possibilité d’aller dans des hôpitaux européens pour se soigner, il était fort à parier », conclut le quotidien « que la croisade contre le Covid-19 aurait pris une autre allure. »

Raison humanitaire ou passe-droit ?

Le transfert pour deux mois de l'ancien président tchadien Hissène Habré de sa prison sénégalaise à sa résidence dans le même pays continue de faire réagir.

Le gouvernement sénégalais a pris cette décision avant hier en raison du risque de contamination par le covid-19 de l'ancien dictateur dans la prison du Cap Manuel.

« Les raisons invoquées sont discriminatoires et illégales », s'insurge Moustapha Diakhité dans un post repris par SeneNews. L'opposant sénégalais juge qu'il s'agit « d'un inacceptable pied de nez au principe républicain de l'égalité des détenus. »

Réactions outrées au Tchad également : « c'est un coup de massue sur la tête », estime le président de l'association des victimes de répressions et crimes politiques sous Habré, interrogé par l'Agence de presse africaine.

« Hissene Habré a été un coronavirus pour le Tchad », tempête Clément Abaïfouta, reprenant au vol la raison humanitaire invoquée par Dakar : « est-ce que lui a été humanitaire ? […] Il a laissé des charniers, un millier d'orphelins. […] c'est ridicule pour la mémoire des victimes ».

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