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Politique, le choix de la semaine

Déconfinement, la bombe à retardement?

Audio 02:55
Vue aérienne de la place de l'Étoile à Paris, désertée pendant le confinement, le 4 avril.
Vue aérienne de la place de l'Étoile à Paris, désertée pendant le confinement, le 4 avril. REUTERS/Pascal Rossignol
Par : Julien Chavanne
6 mn

Le gouvernement français tente de faire face à la crise du coronavirus. Mais certains s’inquiètent déjà de l’après et du risque d’un retour des « gilets jaunes ».

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Un ministre raconte « ne pas arriver à dormir » quand il pense à « l’état de la société » à la sortie de la crise. Son cauchemar : un pays fracturé, encore plus divisé.

Le patron de La République en marche le dit autrement : Stanislas Guérini redoute un « conflit violent » entre « la France des résidences secondaires » et celle « des HLM ».

Et si on regarde de plus près le confinement, on peut trouver des indices de cette fracture. Une étude de la Fondation Jean-Jaurès fait le parallèle entre les « gilets jaunes » et les « premiers de tranchée », c’est-à-dire ceux qui travaillent aujourd’hui, malgré la peur de la maladie, dans les hôpitaux bien sûr, mais aussi les caissières, les routiers, les artisans, vendeurs, les éboueurs. Les moins diplômés et les plus fragiles économiquement.

Rappelez-vous les figures des « gilets jaunes » : Maxime Nicolle, alias Fly Rider, a occupé les fonctions de chauffeur ou de mécanicien ; Ingrid Levavasseur est aide-soignante…

« Premiers de tranchées » aujourd’hui, et demain peut-être premières victimes de la crise économique ?

C’est un scénario qui trotte dans la tête d’un responsable de la majorité. « Le confinement crée des immenses inégalités de situation », souligne ce député. « À la sortie, il faudra absolument prendre en compte les personnes vulnérables, celles qui l’étaient avant le coronavirus, et celles qui le seront après », à cause de la récession.

Une bombe à retardement qui pourrait se manifester dans la rue ou dans les urnes. D’autant plus que la parole politique a de moins en moins de valeur. Si la population soutient Emmanuel Macron, elle a du mal à lui faire confiance. 77% des Français pensent par exemple que le gouvernement n’a pas dit la vérité sur les masques.

Comment l’exécutif fait face à la défiance

À chacune de ses prises de parole, Emmanuel Macron multiplie les hommages aux premières et aux deuxièmes lignes. Il promet de protéger les salariés « quoi qu’il en coûte ».

Mais la stratégie passe aussi par des symboles. Le président s’est rendu ce jeudi à Marseille pour rencontrer le professeur Didier Raoult, l’une des figures particulièrement populaire de cette crise. Il est même devenu l’icône des « gilets jaunes » . En lui rendant visite, Emmanuel Macron voulait aussi envoyer un message à ses soutiens.

En cette période inédite pour le pays, la température sociale est surveillée de près par les autorités. Cette semaine, Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, s’inquiétait de « réseaux d'ultra-droite et d'ultra-gauche », qui appellent sur les réseaux sociaux « à préparer » des actions à la sortie du confinement.

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